Le Collège
Yannick Gentes aux Olympiques
Un enseignant en Éducation physique du Collège Shawinigan, Yannick Gentes, a la chance d’être bénévole pour les Jeux olympiques de Vancouver 2010. Sur cette page, vous pourrez suivre son récit, ses aventures et ses anecdotes. Vivez les jeux de l’intérieur grâce à Yannick! 
JOUR 19

Je vais pouvoir raconter à mes enfants plus tard que j’ai été l’un des 20 000 chanceux a assisté à l’un des matchs le plus important de l’histoire du hockey au Canada!!! Depuis le début des J.O. il m’arrive plein de belles choses. Certaines sont planifiées, d’autres pas. Parmi toutes les aventures des 18 premiers jours, c’est le match Canada VS USA qui remporte la palme! Je vais essayer de vous raconter tout ce que j’ai vécu durant cette dernière journée des J.O. d’hiver 2010.

 Tôt dimanche matin, j’entends les vas et viens de Luisa, Art et les enfants dans les escaliers. Tout le monde se prépare à accueillir des amis pour ce qui sera la plus importante journée des J.O.  De mon côté, je fais ma routine du matin. Je m’assure que j’ai bien ma caméra vidéo et ma caméra photo. Mes batteries sont rechargées, mon cellulaire est allumé et mes DVD sont dans mes poches. Je suis armé pour affronter cette longue journée.

 Alors que je quitte la maison en direction du GM Place, je constate qu’il y a beaucoup plus de trafic que d’habitude. Ce n’est pas habituel de voir autant de voitures un dimanche matin. Je me doutais bien que je n’allais pas être le seul à vouloir me diriger au centre-ville. Au coin de ma rue, il y a déjà des dizaines de personnes qui font la queue pour obtenir une place dans le bar pour regarder le match. À ce moment-là, il est 9 h 30 du matin! C’était une bonne idée de partir tôt car je savais que ça me prendrait plus de temps pour traverser le pont et aussi plus de temps pour entrer sur le site du GM Place. Lorsque je franchis le pont, j’arrive à l’une des intersections les plus achalandées à Vancouver. Je me retrouve au milieu de la rue dans le trafic. Au coin Grandville et Nelson, il y a du côté droit de la rue, le plus gros Irish Pub de Vancouver. La ligne d’attente est tellement longue, qu’elle doit faire au moins 500 m de long. Du côté gauche de la rue se retrouve le pavillon des États-Unis. Je me retrouvais donc en plein milieu de deux clans qui inévitablement allaient vouloir démontrer leur supériorité. D’un côté rouge (à droite de la rue), les Canadiens huaient les admirateurs des Américains qui sont du côté bleu (à gauche de la rue). Les insultes et les injures fusent de toutes parts! Les gens crient et encouragent leur équipe et l’objectif est d’essayer de faire plus de bruit que les fans de l’autre côté de la rue. Vous pouvez vous imaginer le vacarme. C’était tellement intense qu’il y avait 5 jeunes enfants d’environ 10 ans, aux couleurs des Américains, qui festoyaient et les Canadiens, de leur côté,  ne se gênaient pas pour les traiter de tous les noms. Ils n’ont que 10 ans!!! À ce moment-là, j’ai voulu sortir ma caméra pour filmer ce merveilleux spectacle, mais elle était dans ma valise. J’étais déçu, car j’aurais aimé vous montrer l’ampleur de la situation.

 Peu importe, je continue ma route en direction du centre-ville et on peut entendre très bien toutes les autos klaxonner dans les rues. Il y a du monde partout!! La ville est vêtue de rouge. Je crois que j’étais le seul à ne pas avoir un gilet rouge dans tout Vancouver. Il y avait quelques manteaux bleus à travers la masse et quelques individus courageux avec les couleurs de l’équipe  USA. Après plus d’une heure à essayer d’entrer dans le stationnement du GM Place, j’arrive enfin à destination. Je monte les escaliers et en haut, je constate qu’il y a une rangée d’attente pour les médias. Je n’avais jamais vu ça auparavant. Même au match du Canada contre la Russie, il n’y avait pas autant de monde pour entrer dans l’aréna. Le niveau de sécurité était extrême. Tout le monde devait enlever son manteau, vider ces poches et passer au détecteur de métal. Vous pouvez vous imaginer que j’ai dû attendre longtemps pour avoir accès au site. Après plus d’une heure d’attente, je peux enfin entrer dans l’aréna. À ce moment-là, je croise sur mon chemin Benoit Brunet, analyse au match du Canadien. Je suis vraiment surpris de le voir fumer! Habituellement, ce n’est pas bizarre de voir quelqu’un fumer, mais un ancien joueur de la LNH, je ne sais pas, c’est juste bizarre à voir!

 Je me rends dans l’aréna à la recherche d’une bonne place pour le match. Normalement, je regarde le match à partir de la loge. Cependant, je ne savais pas si j’allais être en mesure de pouvoir être là étant donné que c’était la finale. Finalement, j’arrive sur place et le responsable me dit que je peux m’asseoir ici. Ayant déjà mon siège, je décide d’aller au premier niveau pour aller voir le warm-up. En arrivant là, je croise Luc Gélinas de RDS. Je discute un peu avec lui et voulant le laisser travailler, je me dirige vers les gradins. À ce moment-là, je croise le Premier Ministre du Canada, Stephen Harper! Entouré de ces gardes du corps, je lui adresse la parole. Il me dit bonjour et me souhaite un bon match. Il me serre la main et il continue sa route. À la fin du warm-up, il n’y a pas personne à mon siège. Alors, je décide de demeurer à 6 rangées de la bande pour regarder le match. Une vue incroyable!

 Le match débute et les gens dans l’aréna sont en FEU! Nous avons de la difficulté à nous entendre parler. L’aréna est rouge de bord en bord. Les gens crient GO CANADA GO!! Chaque fois que Luongo fait un arrêt, tout le monde crie LOUUUU !!! Le party est pogné dans la place. Au milieu de la première période, je reçois un appel de mon client. En principe, il n’avait pas besoin de moi pour la journée. Un peu surpris, je réponds et il m’apprend qu’il a besoin d’un lift pour aller acheter un cadeau de dernière minute. Il a besoin de moi seulement 15 minutes!! Vous ne voulez pas savoir ce qui m’est passé par la tête. Tu parles d’un mauvais timming. Le devoir oblige, je quitte le match pour aller chercher mon client. Je me dépêche et finalement je réussis à aller le cherche en dedans de 10 minutes. Entre-temps, la période finissait et l’entracte débutait. Je suis revenu à l’aréna et le début de la 2e période commençait. Évidemment, j’avais perdu mon siège. Je suis donc retourné dans ma loge pour regarder le match. Lorsque le Canada a marqué le deuxième but, je dois vous avouer que je l’ai échappé. J’ai sauté dans les airs et je courais partout dans la place. C’était plus fort que moi. Quel jeu!! Les gens se tapaient dans les mains et là on croyait qu’on allait vers le chemin de la victoire. En 3e période, tout se passait comme prévu jusqu’au moment où Sidney Crosby rate son échappé. L’équipe USA a reprit le « momentum ». À une minute de la fin, je sors ma caméra pour filmer les derniers instants. La catastrophe survient. L’équipe USA égalise le pointage. Une bombe est tombée sur le GM Place!  Les gens étaient défaits. Il n’y avait plus de raison de vivre! Le séisme au Chili était moins important que ça. J’exagère à peine…

 Avant le début de la prolongation, mon voisin me dit qu’il est sûr que Sidney Crosby va marquer le but de la victoire. Il faut dire qu’il n’avait pas joué un grand match. Tout au long de la prolongation, les deux équipes ont plusieurs chances de marquer. Chaque fois que l’équipe USA lance au but, on retient notre souffle. Les gens sont loin d’être convaincus que Luongo peut faire les arrêts. Je prépare toujours ma caméra pour m’assurer de filmer le but de la victoire. Au moment où Crosby marque, j’ouvre ma caméra et je me mets à filmer. Il y avait tellement de bruit à l’intérieur, c’était fou. Les gens étaient tellement contents que je suis convaincu qu’on a provoqué un tsunami. De mon côté, je ne savais plus quoi penser. C’était trop beau pour être vrai. J’ai décidé de retourner au premier niveau afin d’assister à la cérémonie des médailles. Encore une fois, j’ai été chanceux d’avoir un très bon point de vue. J’avais les joueurs en face de moi. Je prenais des photos et on pouvait voir la joie des joueurs. Cependant, il y a une chose qui m’a un peu déçu. Tous les joueurs semblaient heureux, mais j’ai trouvé la réaction de Martin Brodeur un peu moche. Il avait l’air content, mais il avait l’air plus déçu de ne pas avoir été le gardien qui a fait gagner son club. Ce n’est surement pas le cas, c’est juste une impression. Les gens chantaient et criaient dans l’aréna. Lors de la remise des médailles et de l’hymne national, je ne me suis jamais senti aussi fier d’être canadien! C’est un sentiment indescriptible. C’est un match qui va passer à l’histoire.

 Après plus d’une heure à voir les joueurs festoyer, je suis sortie à l’extérieur pour voir l’ampleur de cette victoire. On entendait un vacarme épouvantable. Les trompettes, les cloches, les klaxons, les gens qui crient, bref, c’était le chaos total. C’était comme un défilé de la Coupe Stanley  en 10 fois plus gros. Je n’ai pas été en mesure de me rendre dans la rue car je devais repasser la sécurité. Je devais me rendre pour aller assister de l’autre côté de la rue à la cérémonie de clôture. 

 Je me dirige le cœur à la fête vers ce qui sera le dernier événement de mes J.O. C’est déjà la fin. On dirait que c’était trop de belles choses en même temps. J’essayais de vivre le moment présent. Il y avait des gens partout et tout le monde se tapait dans les mains. En arrivant au BC Place, je constate que je n’ai pas le fameux ticket pour entrer. Bien évidemment, le volontaire qui s’occupe des entrées refuse de me laisser aller. Je devais trouver un moyen pour entrer à l’intérieur. J’appelle mon superviseur pour lui dire que c’est impossible de retourner à l’hôtel chercher mon billet étant donné que les rues sont bouchées par les gens qui festoient. Alors, je décide de prendre mon cellulaire, de l’apporter au responsable. Lui et mon superviseur discutent ensemble et après 2 minutes, le gars me laisse entrer. J’étais content parce que je tenais absolument à y assister. À l’intérieur, une grosse boite nous attend face à notre siège. La responsable de la cérémonie explique à l’écran ce que nous devons faire pendant la cérémonie avec tout le matériel qui est devant nous. Pendant environ 45 minutes, nous pratiquons certaines choses afin de nous assurer que tout soit prêt pour le début du spectacle. Encore une fois, le spectacle fut fabuleux. Je l’ai trouvé meilleur que le spectacle d’ouverture. J’étais au même endroit que la dernière fois. J’avais un très bon siège et je pouvais admirer ce qui se passait devant moi. La partie la plus intéressante fut celle avec les gros castors et les policiers de la GRC en structure gonflable. Ils nous avaient remis dans notre boite un casque avec un panache! Nous étions tous des orignaux! C’était tellement drôle.

 Tout au long de la cérémonie, j’avais le sentiment que je participais à quelque chose de spécial. J’avais de la difficulté à m’imaginer que c’était déjà terminé. En réalité, je ne voulais pas que ça se termine. J’ai dû me convaincre en me disant que toute bonne chose à une fin. Avant de retourner à la maison, mes collègues et moi avons décidé d’aller manger. Nous sommes allés dans un restaurant à Vancouver. Nous en avons profité pour raconter nos différentes histoires et anecdotes des J.O. C’était le dernier moment où nous allions tous être réunis. Après le repas, j’ai décidé d’aller au centre-ville pour voir ce qui se passait.

 Encore une fois, il y avait trop de monde! Je suis arrivé vers minuit et les rues étaient remplies de monde. Il y avait des gens qui jouaient de la musique un peu partout dans la rue, des gens qui dansaient, bref, c’était la fête. Tout le monde se tapait dans les mains. Il y avait des drapeaux du Canada un peu partout. Il y avait beaucoup de présence policière. Il n’y a pas eu de grabuge. Tout le monde était content d’être là et les gens célébraient la victoire du Canada contre les USA et la fin des Jeux Olympiques. Après 2 heures à marcher à travers les rues de la ville, je décide de retourner à la maison. Au premier coin de rue, deux personnes frappent à ma fenêtre et ils me demandent si je peux leur fournir un lift. Étant donné que je n’avais pas fait ma bonne action de la journée, j’ai décidé d’aller les porter à leur hôtel à Richmond. C’était deux individus de la Hollande. Ils étaient sympathiques et ils ont bien apprécié leur soirée dans les rues de Vancouver.

 La dernière journée n’aura pas été de tout repos. Cependant, je dois vous avouer qu’elle s’est terminée comme elle a débuté, c’est-à-dire de façon merveilleuse. J’ai vécu ici les plus beaux moments de ma vie. Jamais je n’aurai imaginé vivre 1 % de tout ce qui s’est passé. Je ne regrette absolument rien et je sais que je suis privilégié.

 Je veux prendre quelques lignes pour remercier, encore une fois, le Collège Shawinigan de m’avoir permis de vivre cette belle expérience et de réaliser un rêve. Ce n’est pas toujours facile d’organiser tout ce projet mais je ne vous remercierai jamais assez. Lorsqu’on dit que le Cegep de Shawinigan a une ouverture sur le monde, je crois qu’elle vient d’en faire la preuve. Merci également à mes collègues de travail, Benoit, Jean, Steve et Charles sans qui ne j’aurais pas pu être ici. Les gars, je vous en dois toute une!

 Merci 

Yannick

 

JOUR 18


Malgré une courte nuit de sommeil, je me suis levé en pleine forme ce matin. J’ai très bien dormi dans ma petite chambre de 5 pieds par 3 pieds. Une grosse journée m’attendait et je savais que j’aurais besoin de toutes mes énergies pour passer au travers. Rien de mieux qu’un bon déjeuner pour débuter la journée du bon pied. Lorsque j’arrive à la cafétéria, je me fais accrocher par une responsable qui me dit que le déjeuner est terminé. Je regarde l’heure… 8 h 36. J’essaie de comprendre ce qui se passe. Elle me dit que le déjeuner se termine à 8 h 30. Sur le moment, je me suis dit : c’est une blague, elle me taquine. Même pas! Elle était sérieuse. Même s’il restait de la nourriture (qu’elle allait jeter de toute manière, elle ne voulait pas que je mange!). À go, on s’achète du jugement. C’est ma première journée à Whistler donc je ne connais pas toutes les manières de fonctionner. À Vancouver, nous pouvons déjeuner jusqu’à 10 h. Ne voulant pas trop m’obstiner pour manger, j’ai décidé de ne pas trop poser de questions et de remettre mon déjeuner à plus tard. De toute manière, j’aurais dû manger en vitesse car j’étais serré dans le temps.

 Je quitte mon « accomodation » en direction de l’hôtel. Encore une fois ce matin, la pluie est à l’honneur. Les nuages sont tellement bas qu’il est impossible de voir les montagnes qui nous entourent. La vieille, la température n’était pas clémente et ils avaient décidé de poursuivre les compétitions. Mon client devait se rendre au slalom masculin en matinée afin d’assister à la première ronde de qualification. Étant donné que la première ronde n’est pas la meilleure, j’ai décidé de partir de mon côté pour visiter le village des athlètes. Je suis allé régulièrement au village à Vancouver mais je ne suis jamais allé à celui de Whistler. Plusieurs de mes collègues m’ont dit qu’il était beaucoup gros et beaucoup plus beau. C’est ce que je voulais vérifier. Alors pendant la matinée, je me suis promené dans le village. Je ne sais pas si c’est parce que les J.O. sont pratiquement terminés, mais il n’y avait pas grand monde ici ce matin. Cependant, un des avantages, c’est qu’on peut avoir un meilleur accès aux différents édifices du village. Je dois vous mentionner que les maisons du village sont fabuleuses. Tout est neuf. Les athlètes sont vraiment traités aux petits oignons. Dans le même principe qu’à Vancouver, les maisons sont décorées des drapeaux et des couleurs des différents pays. En avant des maisons du Canada, on peut remarquer un gros orignal! Il ne manquait plus qu’une chemise à carreaux accrochée en haut du garage pour compléter la décoration.

 Suite à ma visite au village des athlètes, je suis allé aller me promener dans le village de Whistler. Ma priorité était d’aller voir le bobsleigh. Il pleuvait énormément et les nuages étaient bas. Ce n’était pas le meilleur moment pour aller voir une compétition de bobsleigh. Un peu comme la veille, je me suis promené dans le village. Je suis allé voir le coin réservé à la mémoire du jeune athlète qui est décédé au début des jeux. À l’intérieur du village, plusieurs personnes ont laissé des fleurs, des drapeaux et autres objets significatifs pour souligner le départ tragique du jeune homme de 21 ans. J’ai continué à me promener et rendu à la fin du village, il y a un stage avec différents bands de musique. Je me suis installé dans une chaise inclinée en bois et j’ai écouté le chanteur qui était sur place. Après avoir passé près de deux heures dans le village, je suis retourné voir la deuxième manche de la compétition de slalom.

 En début d’après-midi, la température était un peu plus clémente. J’étais en mesure de voir les montagnes au loin. À un certain moment, je croyais même que le soleil allait sortir. Les conditions allaient être parfaites pour la finale en ski. Contrairement à la veille, j’ai voulu regarder la compétition directement des estrades. Étant donné qu’il faisait « beau », l’ambiance était meilleure. Alors qu’il ne restait plus que 10 skieurs à s’élancer, le Canadien Justin Cousineau était encore premier. Les gens dans les estrades étaient convaincus qu’il allait gagner une médaille. Malheureusement, ce n’est pas ce qui est arrivé. Encore une fois, on pouvoir sentir la déception des gens dans les estrades. C’est dommage pour notre Canadien, mais nous avons eu droit à toute une fin de course. Le dernier compétiteur en liste s’est lancé dans le slalom en ayant la tâche d’effectuer le meilleur temps. Les 3 derniers skieurs n’avaient pas été en mesure de battre le meilleur temps. L’italien a fait la course de sa vie et il est venu arracher la victoire par quelques dixièmes de seconde!

 Au retour au bas de la piste, nous étions avec le membre du CIO de l’Italie. Mon client remettait les médailles pour le slalom et le bobsleigh. Étant donné que c’est un italien qui a remporté le slalom, mon client a offert à son collègue de lui laissé sa place pour qu’il puisse remettre la médaille à l’athlète de son pays. Lorsque je vous raconte que mon client est vraiment quelqu’un de franchement sympathique, vous en avez la preuve encore une fois. C’est une très bonne personne. Le membre du CIO était tellement heureux de cette offre qu’il n’a pas été en mesure de la refuser.

 Un peu plus tard, je me suis dirigé à la cérémonie des victoires. Contrairement à Vancouver, la remise des médailles se fait directement à l’extérieur. C’est une très bonne idée. Les gens qui sont dans le village ont seulement à traverser la rue et ils arrivent directement sur le site. Avant le début de chacune des cérémonies, il y a toujours un groupe de musique qui réalise une performance. Ce soir, c’était DJ Champion qui avait la tâche de divertir les gens sur place. Personnellement, je ne suis pas un fan de sa musique. Le spectacle ne m’a pas convaincu de le devenir. Ce n’était pas la performance du siècle. C’était correct sans plus. Pendant la cérémonie, mon client avait la chance de remettre la médaille de bronze à l’équipe canadienne. La foule était en délire lorsqu’ils ont reçu leur médaille. Les gens chantaient l’hymne national si fort que je suis convaincu que vous l’avez entendu au Québec. Normalement, on entend seulement celle du pays victorieux, mais il y avait tellement de Canadiens qu’ils ont décidé de chanter sans même avoir de trame sonore ! C’était magique!

 Suite à la remise des médailles, nous sommes retournés en direction de Vancouver. La route a été longue. Mon manque de sommeil de la veille m’a rattrapé. L’objectif était de rester concentré sur la route afin de ne pas faire d’accident. Finalement, après 2 heures de route, nous sommes arrivés à Vancouver. À mon retour à la maison, je suis passé près du centre-ville. Malgré le fait qu’il pleuvait, les rues étaient bondées de monde. C’est le dernier week-end  des J.O. et les gens en profitent pour fêter!

 Demain, c’est la dernière journée des Jeux. Je vais essayer d’aller assister à la finale. La rumeur à Vancouver, c’est que le comité olympique aurait changé les accès pour la finale du hockey et pour la cérémonie de fermeture. Ce qui veut dire que je n’aurais plus accès au site. Je vais voir demain. Je vais essayer de rejoindre mon ami de la sécurité au GM Place afin qu’il puisse me faire entrer. Si toutefois je n’arrive pas à entrer, je suis sûr que je vais me trouver un endroit quelque part pour assister à ce match historique.

 GO Canada GO !!

Yannick

 

JOUR 17

Encore une fois aujourd’hui, j’ai plein d’histoires à vous raconter. Il ne reste plus que 3 jours au J.O. et il y a tant de choses que j’aimerais faire d’ici la fin de mon séjour à Vancouver. Aujourd’hui,  je quittais la ville pour me rendre, pour la deuxième fois durant ce voyage, à Whistler, et ce, pour les deux prochains jours. Mon client doit remettre les médailles lors des cérémonies demain soir (samedi) aux athlètes en slalom et en bobsleigh. Ceux qui, depuis le début de mon voyage, veulent connaître qui est mon client, vous aurez la chance de le voir à la télévision demain! Soyez devant vos téléviseurs pour le voir aller. Je vais essayer d’être tout prêt afin de vous envoyer la main pour vous saluer.

 La route en direction de Whistler est toujours aussi magnifique. Cependant, aujourd’hui, il pleuvait tellement fort que nous n’avions pas la chance de voir les glaciers, les montagnes et tous les beaux paysages qui se forgent tout au long de la route. Toujours en route vers Whistler, mon client me demande si je connais bien la cuisine japonaise. Étant donné que je suis à Vancouver, le paradis du sushi et que mon client est un japonais, je lui réponds que depuis 2 semaines, je ne fais que manger japonais. Je commence tranquillement à me familiariser avec cette cuisine. Alors, il m’indique qu’il va payer sa dette (le canada a gagné contre le Japon en curling lors de ma 2e journée si ma mémoire est bonne et nous avions fait un pari. J’ai remporté ce pari alors il me devait un souper!) en m’invitant à manger dans un restaurant japonais. J’étais super content d’autant plus que nous n’avions pas encore eu le temps de le faire depuis le début des J.O.

 À notre arrivée à Whistler, je suis allé porter le fils de mon client au Bobsleigh pour ensuite nous diriger à Creekside, le site officiel des compétitions de ski. Le slalom féminin était à l’honneur. La dernière fois que nous étions venus ici, j’avais réussi à me dénicher des places en plein milieu des estrades. Cette fois-ci, pour une raison x, je me suis retrouvé aux premières loges! En plus d’avoir une superbe vue, nous étions au sec! Il faut mentionner qu’il pleuvait beaucoup mais qu’en haut de la montagne, c’était de la neige mouillante (slush). Ce n’était pas très intéressant pour les spectateurs qui étaient assis à l’extérieur. Pendant près de 2 heures, nous avons regardé les 72 athlètes. Ce qui est impressionnant en slalom, c’est d’entendre le son des bâtons qui frappent sur les jambières des skieurs. Nous avons souvent l’occasion de voir à la télévision, mais ce n’est pas aussi captivant que d’être sur place. Parmi les gens qui étaient dans les loges, il y avait Stephen Harper. Cependant, je n’ai pas eu la chance de le rencontrer. Il devait y avoir trop de gens importants qui voulaient lui parler ou lui serrer la main. Je dois vous avouer que l’ambiance était correcte, sans plus. Contrairement au Super G, la foule semble moins impressionnée par des skieurs qui descendent plus ou moins vite en slalom. C’est peut-être les conditions climatiques et/ou le manque d’intérêt, peu importe, ce n’était pas comme la vieille au Pacific Colisium avec Joannie Rochette!

 Le plus drôle dans toute cette histoire, c’est qu’un membre important de la République Tchèque a sauté de joie et a commencé à courir dans tous les sens lorsqu’une fille de son pays est arrivée en première place. Il était comme un enfant. C’était hilarant! Pendant qu’il festoyait, une athlète de l’Allemagne est venue détrôner celle de la République Tchèque. Lorsqu’il s’est aperçu qu’il était en deuxième place, il fêtait un peu moins fort.

 À la fin de la compétition, mon client souhaitait aller visiter le Pavillon de l’Allemagne. Normalement, nous n’avons pas le droit d’aller dans ces pavillons car ils sont réservés aux gens importants des J.O. Pour une raison qui demeure inconnue, les responsables du Pavillon m’ont invité à me joindre aux autres et de m’asseoir pour déguster un bon repas et de la bière de l’Allemagne. Je peux vous garantir qu’il y a de l’argent ici. Le pavillon est situé dans un très grand chalet en bois rond sur le bord d’un lac près de Whistler. C’était tellement beau! Je ne connais pas le prix d’un chalet comme celui-là, mais une chose est sûre, c’est que je n’ai pas les moyens de me le payer! Par contre, les gens avec qui j’étais assis à la table pouvaient se le permettre. C’était des gens influents de l’Allemagne. Je ne connais pas leur nom mais à les entendre parler, c’était facile de comprendre qu’ils avaient beaucoup de pouvoir. Dans ma conversation avec l’un d’entre eux, il m’explique comment le rugby est né. L’influence du football américain et du soccer y est pour beaucoup. Bref, le gars était super intéressant et j’en connais maintenant un peu plus sur le rugby. Pendant notre dégustation de bières et de saucisses, nous jetions du coup d’œil la compétition de bobsleigh. Pendant la compétition une équipe de l’Allemagne s’est placée au premier rang. L’ovation debout dans le chalet. La bière coulait à flot et les gens festoyaient en croyant remporter la médaille d’or. Afin de m’intégrer le plus possible aux différentes coutumes des autres pays, je me suis levé debout et je fêtais cette belle première place. Tout de suite après, le Canada était en piste. Comble du bonheur, le Canada réussi a arraché quelques dixièmes de secondes sur le temps des Allemands. Dans un élan de joie et de stupéfaction, je me lève debout et je commence à festoyer. Après 5 secondes, je me rends compte que je suis dans le Pavillon de l’Allemagne, avec des Allemands et que le Canada vient de leur enlever la médaille d’or. En bon québécois, je vous dirais : un genre de sentiment pas le fun… Je suis partie à rire et je me suis assis sur ma chaise et le party a continué.

 Avant d’être trop sur le party, nous sommes revenus à l’hôtel. Je suis partie de mon côté pour essayer de trouver mon « accomodation » pour la nuit. J’avais une chambre dans un « trailer » de réservée dans le village. J’en ai profité un peu pour faire le tour. Il y a tellement de monde ici que j’ai l’impression qu’il y en a autant qu’à Vancouver. Dans le village, ils ont placé des lumières dans tous les arbres. C’est tellement magnifique. Il y a un cachet spécial dans ce village. Vous devez savoir qu’ici, il n’y a pas de route. Un peu comme au Mont-Tremblant, les gens stationnent leur voiture à l’extérieur du village et ils marchent à travers les boutiques et les restaurants. En me promenant dans les rues, j’entendais de la musique des Cowboys Fringants. Il y a tellement de gens qui parlent français qu’on dirait qu’on est au Québec. Finalement, j’arrive à mon « trailer » et je constate l’ampleur de me chambre. Je suis loin du 5 étoiles. Sans vouloir me plaindre, je vous dirais que tout est bien arrangé. La chambre doit avoir 7 pieds par 3 pieds. Nous sommes deux par chambre dans des lits superposés. Il y a une petite table et un évier. Je pensais que c’était pour être pire. Pour ceux qui me connaissent, je m’attendais à ce que se soit comme au voyage à New-York ou au Samesun à Banff ! Comparativement à ces deux endroits-là, c’est du grand luxe (visite guidée de ma chambre disponible sur facebook !)

 Une fois bien installé dans ma chambre, j’ai quitté en direction du restaurant. Pour ceux qui seraient intéressés à aller manger dans ce bon restaurant, sachez qu’il porte le nom de KAZE (ce qui signifie le vent en japonais). Mes clients étaient déjà sur place. Au moment où je m’assois, mon client m’annonce qu’il a invité une fille à se joindre à nous. Et là, il me dit qu’il vient de m’arranger une « date ». C’est arrivé régulièrement dans ma vie d’être déstabilisé, mais jamais je ne m’attendais à ce que mon client me « book » une date avec la fille de sa famille qui réside à Vancouver! Mise à part être déstabilisé, j’étais bien content parce qu’elle était très intéressante. Je dois vous mentionner que lorsque je suis arrivé dans le lobby de l’hôtel, j’ai croisé une fille asiatique qui attendait. Nous avons jasé un peu mais je devais partir pour ne pas être en retard. Lorsque je me suis retourné, je me suis aperçu que c’était la fille du lobby! Je dois vous dire que c’était la première fois de ma vie que je mangeais japonais avec des Japonais. Évidemment, je devais faire preuve de civisme étant donné que j’étais l’invité. Mon client me demande si je connais la cuisine japonaise. Je lui réponds, mise à part avoir mangé des sushis pendant 2 semaines, je ne connais pas grand-chose. Je lui mentionne que je suis prêt à gouter à n’importe quoi et que j’allais manger ce qui allait être dans mon assiette. Japonais ALL THE WAY !

 Vous auriez dû voir le plat de présentation des sashimis. Il y avait au moins 10 différentes sortes de poissons crus dans un bateau en bois. Juste de le voir devant moi, je n’osais pas en prendre un morceau afin de ne pas défaire la présentation. Comme je leur mentionnais, j’allais agir comme un vrai japonais. J’allais essayer de manger avec des baguettes et tout le kit. Ce qui est intéressant de manger avec des gens d’une autre culture, c’est de voir quelles sont leurs habitudes, quelles sont manière de manger, etc. Habituellement, je suis un gars qui mange très rapidement. Je peux vous garantir que ce ne fût pas facile ce soir. J’ai dû utiliser la stratégie de mon amie Julie. Déposer les baguettes après chaque bouchée!! Ils mangent très lentement et ils prennent le temps de discuter. En parlant de discuter, vous devez vous demander dans quelle langue on parlait?!?

 Avant le début du souper, j’ai dit à mon client et à Hanako que nous étions dans un souper japonais. Alors, nous devions parler japonais. Parler anglais n’était pas une option. Je ne voulais pas qu’ils parlent en anglais tout le temps. La femme de mon client aurait trouvé le temps long. Aussi bien que se soit moi qu’elle! Je voulais les laisser parler en japonais et ensuite qu’ils me traduisent ce qu’ils disent. Je m’étais préparé des phrases en japonais avant le début de mon souper. Pas fou le gars! Mon amie journaliste de l’Allemagne parle un peu le japonais. Alors, elle m’a aidé en me textant certaines phrases. Finalement, la conversation s’est déroulée à 85 % en japonais. Vous auriez dû voir ça! C’est tellement drôle de voir des Japonais parler ensemble. Les intonations sont différentes, les gestes qu’ils font quand ils se parlent, bref, c’était passionnant. Je n’ai rien compris de la soirée, mais j’ai eu beaucoup de plaisir. Après 3 heures de repas, nous sommes repartis. Vous savez que je fais toujours une bonne action par jours. Hier, j’ai trouvé des mitaines à mon client. L’autre jour, j’ai fait un « lift » à des filles qui voulaient aller dans un party dont je connaissais le chum. Bref, aujourd’hui ma bonne action a été de ramener à Squamish (45 minutes de voiture de Whistler) Hanako. Elle travaille au village des athlètes et son « accomodation » se situe dans le bateau de croisière la « Mona Lisa » au port de Squamish. Comme il n’y avait plus d’autobus à cette heure, je me suis offert pour la reconduire à son bateau.

 Mon client était tellement inquiet à savoir comment elle était pour retourner à la maison que lorsque je lui ai offert, il est presque tombé par terre. Les Japonais sont très humains. Le service que je rendais avait une signification inimaginable à ces yeux. Ce n’est pas moi qui l’ai deviné, c’est Hanako qui me l’a raconté sur le chemin du retour. Bref, ce fut une superbe de belle journée malgré la mauvaise température. Demain, nous passons la journée au slalom. De mon côté, j’aimerais bien aller voir du ski de fond et aller visiter le village des athlètes. Si le temps me le permet, j’aimerais également retourner dans le village pour prendre des photos et m’amuser. Une grosse journée qui s’annonce demain!

 Yannick

 

JOUR 16

À 8h30 ce matin, je me suis fait réveiller par mon téléphone. Je réponds et j’entends au bout du fil mon amie Julie qui me raconte qu’elle vient de faire un accident. Elle est un peu sous le choc des événements. Elle me raconte qu’elle s’est fait entrer dedans pendant qu’elle était dans le trafic. L’automobiliste devait être distrait et il n’a pas vu que les autos étaient arrêtées. Encore endormi, j’essaie de comprendre ce qu’elle me raconte. Je finis par comprendre qu’elle est correcte et son client aussi. Elle me mentionne qu’elle était seule dans l’auto. Finalement, il y a juste du dommage matériel. Ce n’est pas la meilleure façon de commencer sa journée.

 Lors de mon dernier courriel, je vous mentionnais que mon client m’avait donné comme mandat de lui trouver une dizaine de paires de mitaines rouges à l’effigie des J.O.  Il les remettra en cadeau à des amis au Japon. Il faut préciser que ces mitaines sont une denrée rare ici à Vancouver. C’est presque aussi difficile à trouver qu’un billet du Canada VS Russie. Après m’être ressaisi, je suis parti à la recherche de mitaines pour mon client. Il ne s’attend pas à les obtenir alors je vais tout faire en mon possible pour réussir à le surprendre. Il y a quelques magasins ici dans le sud-est de Vancouver qui pourrait en vendre. J’ai dû me résigner, car il ne restait plus rien sur les tablettes. Pendant que j’étais au magasin, mon ami François m’appelle pour me dire que des gens veulent acheter ma collection d’épinglettes. Je ne suis pas un amateur, mais dès mes premières journées ici, les gens que je croisais dans la rue m’en donnaient. Depuis ce temps-là, je suis rendu avec un paquet. Je ne prévoyais pas faire quelque chose de spécial avec ça, mais s’il y en a qui sont prêts à payer, je vais peut-être les vendre. Peu importe, j’en profite pour lui demander s’il a réussi à obtenir des mitaines.  

 Il m’apprend qu’il a réussi à obtenir des paires en provenance de Toronto hier soir. Il ajoute que le Prince de la Suède (qui avait priorité sur tous les autres pour acheter des mitaines) est tellement en furie d’avoir perdu ces deux parties de hockey hier, qu’il a décidé de ne pas prendre les mitaines. Au lieu d’en avoir 10, j’ai réussi à obtenir 15 paires! Vous auriez dû voir la tête de mon client quand il a vu le paquet de mitaines dans le char. Il n’en revenait tout simplement pas. Bref, toute cette gymnastique m’a couté mon avant-midi. En début d’après-midi, je suis allé diner à Grandville Island. Il n’y avait pas de compétition avant 3 h. Je suis allé marcher à l’extérieur et j’ai passé du temps à Third Beach. Il y a des « Laugh funny statue » et je me suis amusé à prendre des photos.

 Je croyais bien être en mesure d’aller voir la finale de hockey chez les femmes, mais mon client préférait aller au patinage artistique. À ma grande surprise, il voulait assister à toute la compétition! Étant donné que je ne pouvais pas aller à la finale, je suis allé conduire mon client au Pacific Colisium et je suis partie avec ma nouvelle amie journaliste de l’Allemagne à Cypress Mountain pour la compétition de ski acrobatique. Nous n’étions jamais allés à cet endroit. C’était le temps où jamais car c’était la dernière compétition avant la fin des J.O. Lors de la finale, il y avait 12 participants. Il y avait 3 Canadiens et les chances de médailles étaient élevées. Comme le hasard fait bien les choses, nous avions juste assez de temps pour voir la finale et revenir à l’aréna pour la dernière heure de patinage artistique. Lorsque nous sommes arrivés au sommet de Cypress Moutain, il faisait très froid.

Afin de s’assurer de ne pas trop gelé, les spectateurs chantaient, dansaient et encourageaient les athlètes. C’était un party en habit de ski-doo ! Notre position dans les estrades nous permettait de vivre l’ambiance à son maximum. Les animateurs de foule impliquaient les spectateurs en leur demandant d’annoncer le départ de chacun des athlètes. Nous devions crier «  WE ARE READY AT THE TOP ». C’est une compétition qui est super dynamique. Nous sommes presque plus impliqués que les athlètes eux-mêmes! Malgré tout le bon vouloir des spectateurs pour encourager les Canadiens, ils n’ont pas réussi à se classer parmi les 3 premiers. C’était évident que les gens étaient désappointés.

 Dès que le dernier saut fut terminé, nous n’avons pas perdu de temps et nous sommes retournés à Vancouver pour le patinage artistique. Cypress Moutain est à environ 30 minutes du Pacific Colisium. J’avais amplement de temps pour me rendre pour voir les 10 dernières patineuses. À mon arrivée, j’ai constaté que je n’étais pas le seul à vouloir assister à la performance de Joannie Rochette. C’est un stade qui contient environ 15 000 sièges. Nous devions être prêts de 20 000! Tous les corridors étaient bondés de monde. C’était probablement l’événement ou il y avait le plus de spectateurs. Malgré le nombre de personnes sur place, je me suis trouvé un super de bon siège. J’étais dans la première rangée au deuxième niveau. Plus les patineuses s’exécutaient plus le niveau de compétition augmentait. Chaque fois qu’une performance était terminée, nous nous disions que c’était impossible que l’autre athlète puisse faire mieux. Nous pouvions ressentir la nervosité des spectateurs quant à l’arrivée de Joannie Rochette.

  À ma droite, j’avais deux Coréens. Il ne disait pas un mot anglais. C’était drôle parce que pour chacune des athlètes, nous nous faisions des signes pour donner notre impression sur la performance. Le pouce pointé vers le haut pour dire que c’était bon et le pouce pointé vers le bas pour un mauvais résultat. Avec nos doigts, nous cotions la performance sur une échelle de 10. C’était tordant!! Aucun moyen de se comprendre, mais avec le langage des signes, nous aurions pu remettre la médaille d’or! Lorsque ce fut le temps pour Joannie Rochette de sauter sur la glace, tous les spectateurs se sont levés debout pour l’encourager. Les gens voulaient tellement qu’elle réalise la performance de sa vie. Même le Corréen, qui n’était pas très expressif, criait à tue-tête pour l’encourager. Encore une fois, juste avant de s’installer au centre de la glace, Joannie nous a démontré toute sa force de caractère. Elle est allée voir son coach et elle lui a tapé dans les mains pour lui dire : checke-moi ben aller, ma donner tout un show ici à soir!

 ême la foule a ressenti cette poussée d’adrénaline. De mon côté, j’étais convaincu qu’elle allait faire toute une performance. Je ne sais pas de quelle manière elle parvient à gérer ce stress. Ce qui est sûr, c’est qu’elle performe bien sous la pression. Juste avant que la musique débute, nous aurions pu entendre voler une mouche. Les gens étaient concentrés sur elle et tout le monde lui envoyait des ondes positives. Lors des sauts, les gens se levaient debout et l’applaudissaient de tout leur force. Comme vous le savez, elle a fait une superbe de belle performance. La foule était en délire et c’était aussi gros que si le Canada venait de remporter la médaille d’or. J’étais près de Luc Bellemare, journaliste à RDS et son caméraman. Nous n’avions pas de mot pour décrire ce qui se passait. Pendant l’attente du résultat, tout le monde demeurait silencieux. Dès que le résultat est sorti, tout le monde a explosé de joie. J’ai vu Luc et son caméraman partir à courir comme un sprinter aux J.O. d’été! Elle était en bonne position pour remporter une médaille. Par la suite, la dernière patineuse s’est exécutée. Ce n’est pas correct de souhaiter du malheur aux autres, mais je suis convaincu que 99.9 % des Canadiens présents dans l’aréna souhaitaient qu’elle se plante! Je ne vous dis pas dans quel pourcentage je me situe!!! Elle a fait une performance respectable. Lorsque les résultats sont apparus, le stade voulait exploser pour une deuxième fois. Les gens criaient, pleuraient, se sautaient dans les bras. Tout le monde était heureux pour Joannie et sa 3e place. Je n’ai jamais assisté à quelque chose d’aussi intense. Elle a du courage cette fille-là! J’aimerais bien avoir 1 % de toute sa volonté et de sa détermination. Lors de la remise des médailles, les gens étaient tous debout et ils applaudissaient. À ce moment-là, tout le monde était fier d’être canadien. Même les plus péquistes auraient été fiers d’être canadiens! C’est une journée qui finissait bien. Je suis vraiment content d’avoir eu la chance d’être présent et d’assister à ce beau moment.

 À la fin de la compétition, je suis allé porter mon client à son hôtel. Étant donné que je n’avais pas mangé depuis le déjeuner, j’ai décidé d’aller manger des sushis avec 2 (all you can eat pour 10$)  autres de mes collègues dans un restaurant japonais au centre-ville. En finissant la soirée, nous sommes allés voir les jeux de lumières qui sont à Third Beach près du Stanley Park. C’est vraiment magnifique.

 Demain, je quitte pour deux jours dans le fabuleux village de Whistler. Je devrais avoir la chance d’assister à la compétition de slalom féminin et au bobsleigh. J’ai vraiment hâte de revenir à Whistler. Je vais essayer de faire le tour du village et de profiter de chaque moment.

Yannick

 

JOUR 15

Le duel tant attendu par tous les amateurs de hockey de la planète se déroulait aujourd’hui au J.O. de Vancouver. Les deux meilleurs joueurs de hockey allaient se rencontrer pour une 2e fois dans le cadre d’un tournoi mondial. Dans mes plus grands rêves, jamais je n’aurais pensé être parmi les 20 000 chanceux qui étaient sur place pour voir le match. Je me considère privilégié, car depuis le début des J.O., j’ai assisté à plusieurs parties de hockey. S’il y en a une que je ne voulais pas manquer, c’était bien celle-là. Ne pas assister à cette partie n’était pas une option! Un peu comme vous tous, je me suis amusé avec mes amis à gager sur les équipes qui participeront à la finale. De mon côté, j’avais placé le Canada contre la Russie. J’étais convaincu qu’ils allaient s’affronter pour la médaille d’or et non pas en quart de final.

 Très tôt ce matin, je me suis rendu à l’hôtel pour amener mon client dans une réception. Dès lors, j’ai commencé mes recherches pour l’achat d’un billet. Je voulais tellement être certain d’assister au match que j’étais prêt à payer pour avoir un accès à un siège. Pour toutes les compétitions des Olympiques, dès qu’il y a des billets qui s’ajoutent, c’est notre hôtel qui a la priorité. C’est normal, es personnes les plus importantes sont ici! Je suis allé m’informer à savoir s’il y avait des billets disponibles. Il n’y en avait pas. La femme me signale que s’il y a des billets, ils nous couteront 300 $ du billet au lieu de 350 $. Un rabais de 50 $, pas pire non?!?! Un peu comme sur les boîtes vocales, afin de garder ma priorité d’appel, je suis resté sur place pour être dans les premiers à pouvoir les acheter. Les chances étaient bonnes, car 140 billets avaient été libérés lors du dernier match. Il y avait de l’espoir!!

 Tout au long de la matinée, j’ai attendu dans le lobby de l’hôtel dans l’attente d’un billet. Plusieurs personnes venaient s’informer et nous entendions les gens parler du prix des billets par les revendeurs. Nous avons entendu toutes sortes d’histoires les plus loufoques les unes que les autres. Est-ce qu’elles sont véridiques, aucune idée, mais je pense que c’est logique qu’un billet se vende près de 2000 $ dans la rue. De mon côté, j’étais convaincu de deux choses : 1) je savais que je serais capable d’être au match même en n’ayant pas de billet 2) je n’étais pas sur de pouvoir y aller parce que mon client aurait peut-être besoin de moi pour le conduire je ne sais trop ou dans la ville. Même si j’achetais un billet, il y avait des chances que je ne sois pas là. Le travail passe en premier, je suis ici pour ça!

 Après quelques heures d’attente dans le lobby, il n’y avait toujours pas de billets de disponibles. Je ne voulais pas attendre toute la journée alors j’ai décidé de faire quelque chose de ma peau. Je suis allé marcher dans Grandville Island. Ce coin de ville est tellement beau que je passerais mes journées à flâner là. Le marché est incroyable et il y a de la bouffe partout! En milieu d’après-midi, mon client m’appelle pour me dire qu’il veut aller au village des athlètes. Je regarde l’heure et je me rends compte qu’il y a de fortes chances que je ne puisse pas aller voir le match. Je le conduis au village et pendant ce temps-là, j’en profite pour aller marcher. Je croise plusieurs athlètes et je discute avec certains d’entre eux. Dans le village, c’est impossible de prendre des photos. J’aurais bien aimé avoir des souvenirs des athlètes que j’ai rencontrés. Après plus de 45 minutes, mon client désire retourner à l’hôtel. Je regarde mon heure et je me rends compte que si j’évite le trafic du centre-ville, j’aurai le temps de me rendre au match. L’adrénaline dans le tapis, je conduis mon client vers l’hôtel. Je connais bien Vancouver alors je connais les racoins qui peuvent nous faire gagner du temps. Entre-temps, je me rends compte que mon client sait que je veux assister à ce match. C’est sur je n’arrête pas d’en parler depuis 2 semaines. Alors, il me dit qu’il me donne ma soirée « off ». Il ne pouvait pas me faire de meilleur cadeau.

 J’arrive à l’hôtel à 16 h. Pendant le trajet, mon client me demande si j’étais en mesure de lui trouver 10 paires de mitaines rouges des J.O.. Ici, c’est très très rare! S’il y en a parmi vous qui en avez une paire, mettez là sur EBAY, vous allez faire de l’argent! C’est le genre de défi que j’aime bien. Alors, tout en conduisant vers l’hôtel, j’appelle mes différents contacts que je me suis faits depuis les dernières semaines pour essayer de dénicher 10 paires. À mon arrivée à l’hôtel, je m’en vais voir un bon ami à moi, Francois, qui s’occupe du magasin à l’hôtel. Il me mentionne qu’il serait capable de m’en trouver. Il est 16 h 15 et le match débute à 16 h 30. Je suis toujours à l’hôtel pour essayer de trouver des mitaines. Lorsque François me confirme le tout, je me mets en 5e vitesse et je me dirige vers le GM Place. 16 h 28 : j’entre dans le GM Place sans billet. Je me rends au 5e étape pour aller rejoindre la gang des officiels. Lorsque j’arrive sur place, je croise Bob Hall (celui qui m’a offert un job pour l’été lors de ma première partie) et il me donne une place pour m’asseoir. Lorsque le Canada est sauté sur la glace, la foule était en délire. Il y avait du bruit qu’il fallait pratiquement se crier à tue-tête pour se comprendre. L’ambiance était à son maximum. Je ne jouais pas, mais j’étais aussi « crinqué » que les gars pour embarquer sur la patinoire. C’est définitivement la partie la plus excitante que j’ai vue de ma vie. C’était incroyable, comment le Canada était dominant. J’avais l’impression d’écouter le match des étoiles sauf que les joueurs se frappaient sur le bord des bandes! Quand ton premier « powerplay » est composé de Kovaltchuck, Ovechkin, Malkin, Datzuyk et Gonchar, tu n’es pas dans le trouble! Même au match des étoiles, ils ne sont pas aussi bons!

 Le Canada était toujours en mouvement, les passes étaient sur le « tape », ils étaient feu! Malgré la piètre performance de la Russie, nous avons eu un excellent match. J’avais de la misère à croire ce qui se passait. Plus le Canada marquait des buts, plus les gens devenaient « fous ». Je vais m’en souvenir toute ma vie. Je vais pouvoir raconter à mes enfants plus tard, que j’ai assisté peut-être au seul match entre les deux grands joueurs de hockey de l’ère moderne aux J.O.

 À la fin de la rencontre, je suis allé juste en face de l’aréna, le BC Place. C’était la cérémonie de remise des médailles. Il y avait un spectacle du groupe Inexs. C’est un groupe australien. Je n’ai aucune idée de qui ils sont. Peu importe, j’ai regardé le spectacle avec attention. Les gens chantaient et dansaient. Il y avait près de 30 000 personnes dans le stade. Suite à ce concert, je suis retourné au GM place pour la partie entre les Suédois et les Slovaques. C’était la première fois que je voyais Alfredson, les jumeaux Hideen et Lidstrom. Étant donné que je pouvais me rendre dans la section des médias, j’ai décidé d’aller regarder le match à partir de la 6e rangée de la glace. Il n’y avait pas autant d’ambiance que le match du canada. À mes côtés, il y avait 2 journalistes de l’Estonie. Je suis sûr qu’ils ne connaissent rien au hockey. Entre la 2e et la 3e période, une journaliste de l’Allemagne vient s’asseoir à côté de moi. Nous commençons à discuter de nos aventures ici au J.O. Tout en discutant, elle me propose de me joindre à son groupe pour aller prendre une bière dans Yelltown. N’ayant jamais eu la chance de prendre une bière avec les plus grands consommateurs de la planète, j’ai décidé de me joindre à eux et de faire leur connaissance. Pendant la soirée, ils se parlaient en allemand. Le japonais c’est difficile, mais l’allemand, c’est encore pire.

 C’était une journée et une soirée mémorable. J’ai encore de la difficulté à constater que j’étais là, aux math Canada Russie. Il y a des compétitions comme celle-là qui nous marque dans une vie. De mon côté, c’était aujourd’hui. Demain, j’ai une journée assez chargée. Dans 2 jours, je quitte pour Whistler pour 2 jours. Je vais en profiter pour aller visiter tous les sites de compétitions, le village des athlètes et peut-être me louer des skis et faire du ski sur le site le plus populaire au Canada.  

 Yannick

 

JOUR 14
Ça fait maintenant  deux semaines que je suis arrivé à Vancouver. Je suis au 2/3 de mon voyage. À partir d’aujourd’hui, il ne me reste qu’une semaine à passer dans l’Ouest canadien. C’est fou comme le temps passe vite. Ce matin, j’ai profité de l’occasion pour dormir un peu. Étant donné que mon client n’avait pas besoin de moi en avant-midi, cela me permettait d’assister à une compétition. J’avais le choix entre du curling, du patinage de vitesse et du ski. Ma maison est située dans le sud-est de Vancouver. Par conséquent, l’anneau de glace s’avérait un choix logique. J’ai donc opté pour le patinage de vitesse. C’était la finale du 10 km chez les hommes. Ceux qui me connaissant savent que j’adore les épreuves d’endurance. J’avais hâte de voir comment les athlètes allaient doser leur effort et quelles seraient les stratégies qu’ils allaient utiliser. Chaque fois que nous allons à l’anneau de glace, nous devons passer par l’inspection du véhicule. Je vous rappelle que c’est à cet endroit que j’ai rencontré le policier de St-Thérèse de Blainville. Nous nous n’étions pas revu depuis le tout début des J.O. Lorsque je suis arrivé à mon inspection, Tony et sa gang m’attendait. J’étais bien content de le voir. C’est un maudit bon gars! Étant donné que j’ai été sélectionné au hasard par l’ordinateur, j’ai dû faire inspecter mon sac et passer à travers le détecteur de métal. Parmi les gens de la sécurité, il n’y a pas personne qui parle français. Vous auriez dû entendre Tony parler les gens aux responsables de la sécurité. Il était tordant! Il n’arrêtait pas de leur dire des niaiseries et ils ne comprenaient absolument rien. Nous en avons profité pour discuter un peu et nous nous promettons d’aller prendre une bière avant son départ vendredi.

 À mon arrivée à l’anneau, plusieurs de mes collègues étaient sur place. Contrairement à certains sites de compétition, il y a une section réservée pour les assistants des membres du CIO. La vue n’étant pas superbe, nous avons essayé de nous rendre dans la section des médias. Bien que l’anneau de glace soit très grand et que nous sommes tous très loin de l’action, il n’en demeure pas moins que la section des médias demeure un emplacement de choix. Nous avons réussi à entrer et nous avons obtenu d’excellents sièges. Il n’y avait pas de Canadien lors de cette compétition. En Hollande, le patinage de vitesse est une religion. Il y avait quelques prétendants hollandais à la médaille d’or. L’aréna tout entier était en orange! Il n’y avait que le petit groupe de trompettiste qui était habillé en tenu de Broadway! À mes côtés, il y avait des gens provenant de la Russie. C’était le frère, la copine et un ami d’un patineur russe. Il avait de très bonnes chances de rempoter une médaille. Alors, pendant plus de 2 heures, nous avons assisté à la compétition. Les athlètes doivent faire 25 tours de 400m. À voir leur visage lors des 5 derniers tous, il est facile de constater comment ils peuvent souffrir. Ils sont loin d’être dans leur zone de confort. Certains d’entre eux n’ont pas été en mesure de bien gérer leur course. Il y en a même un qui a eu de la difficulté à terminer tellement il était brûlé. Ce qui est intéressant, c’est que nous avons assisté à deux records olympiques et à un record du monde. Jusque-là tout allait bien.

 Les deux derniers compétiteurs faisaient partie du groupe qui pouvait aspirer à la victoire. Il y avait le grand favori, Kramer, un hollandais, qui est champion du monde et détenteur d’une médaille olympique. Dans l’autre couloir se retrouvait notre ami russe. Je peux vous dire que le party était pogné dans ma section. Étant donné que nous nous entendions bien, ils ont décidé de me donner un drapeau de la Russie pour que j’encourage Ivan Skobrev de la Russie. Étant un nouvel ambassadeur de la Russie, j’ai commencé à crier danser et taper du pied pour encourager notre ami. Pour ceux qui m’ont lancé un défi de passer à la télévision, je peux vous garantir que s’est arrivé, car on faisait tellement de bruit que les caméras sont toutes venues vers nous. Vous allez me voir avec un drapeau de la Russie dans les mains! Finalement, le hollandais a terminé premier et le russe 3e. Lorsqu’il a franchi la ligne d’arrivée, tout le monde capotait! On se tapait dans les mains, on se criait, chantait en russe, bref, c’est comme si on avait remporté la médaille d’or.

 À ce moment-là, j’avais vraiment l’impression que l’un de mes chums avait gagné une médaille Olympique. J’étais super content !!! Mais le comble de l’histoire, c’est lorsqu’après 5 minutes de folies, l’annonceur mentionne que le hollandais est disqualifié, car il s’est trompé de couloir. Mon russe se retrouvait 2e! Je ne sais pas comment vous expliquer ça, mais là, c’était le summum! La copine du gars m’a sauté dans les bras, avec le frère et l’ami, on ne se pouvait plus. Tout le monde criait leur joie en russe pis je ne comprends rien! Les affiches et le drapeau ont pris le bord et nous sommes descendus près de la glace pour aller le féliciter. Bref, c’était vraiment magique. Je n’avais pas d’affaire là, mais j’étais tellement embarqué dans l’histoire de mes voisins que j’ai vécu l’expérience avec eux!

 Après ce moment d’émotion et d’intensité, je suis retourné à l’hôtel pour ramasser mon client. En fin de journée, mon client voulait assister à la compétition de patinage artistique. Je vous avoue que j’espérais qu’il me demande d’aller voir jouer le Canada au hockey. Bien évidemment, ce n’est pas ce qui est arrivé. Malgré mon manque de motivation flagrant, je me consolais en me disant que j’allais assister à la performance de Joannie Rochette. J’avais hâte de voir comment elle allait se débrouiller sous la pression et avec la frustration qui l’anime. Le seul problème, c’est qu’une compétition de patinage artistique dure environ 4 heures! Joannie sautait sur la glace seulement à 8 h 30. Il n’était pas question que j’assiste à 4 heures de patinage artistique pour manquer la partie du canada. J’ai décidé de me promener aux alentours du Pacific colisium pour me trouver un endroit pour écouter le hockey à la télévision. Je me suis trouvé un petit restaurant de sushis bien tranquille ou je pouvais écouter la rencontre. J’étais le seul client dans le restaurant. Le chef cuisinier m’a préparé mon assiette de sushis et il est venu me rejoindre pour écouter la partie avec moi. C’était vraiment drôle. Le gars était super sympathique. Il m’a fait déguster plein de sortes différentes de sushis. Il m’a fait gouter à plein de petits mets asiatiques de son menu. Il était fier d’avoir un gars du Québec dans son restaurant! Je peux vous garantir que j’ai été servi comme un roi. Contrairement au Québec, les plats de sushis ne coutent rien. Il m’a demandé 6$ pour avoir mangé environ 20 sushis, une soupe, des noddles et plein d’autres aliments dont je ne connais pas les noms. Finalement, je lui ai donné 20 $ pis j’ai dit : garde le change!

 Après mon festin repas, je suis retourné voir le patinage artistique. À mon arrivée, il y avait des gens qui entraient par les portes du premier niveau. Je suis passé par là et je me suis rendu compte que j’étais avec les athlètes! Les filles s’échauffaient sur les vélos stationnaires ou elles courraient dans le corridor. J’étais vraiment privilégié de voir comment elles peuvent se préparer à leur compétition. Certaines écoutaient leur IPOD tandis que les autres pratiquaient des sauts et des rotations sur place. En me déplaçant un peu, je suis arrivé à l’endroit des entrevues avec les médias. J’ai assisté à l’entrevue de la première québécoise qui a participé à la compétition. Je ne connais pas son nom, mais je me souviens de l’avoir vu à la télévision. Il y avait plein de journalistes du Québec. Après quelque temps en bas, je suis allé me trouver un siège. J’ai assisté à la dernière heure de compétition. Lorsque Joannie Rochette est embarqué sur la glace, tout le monde s’est levé debout et criait pour l’encourager. On pouvait sentir l’émotion et toute l’intensité des gens dans la foule. Je ne sais pas comment elle fait pour être capable de compétitionner à ce niveau avec autant de pressions et d’émotions, mais dès que nous avons entendu la musique, on savait qu’elle allait donner tout un spectacle. Je dois vous avouer que je n’ai pas été déçu. J’étais tout près des commentateurs anglophones du réseau CTV et j’ai même vu la fille pleurer à la fin de la routine de Joannie. Les gens ne se pouvaient plus. Tout le monde avait le motton!  

 Lorsque je suis revenu à l’hôtel, voici la première chose que mon client m’a dit : We beated you today ! Il était content que la Japonaise soit 2e et que la Canadienne soit 3e! Il faut bien que je lui en laisse un peu une fois de temps en temps aussi non il ne voudra plus jamais rien gager!

 Demain, c’est le Canada VS la Russie. Je vais tout faire pour aller voir ce match. Je vais dire à mon client, qu’assister à ce match est plus important que respirer et de manger. Je dois lui faire comprendre qu’il pourra mourir en paix après avoir vu la confrontation Crosby Vs Ovechkin. C’est le match du siècle!

 Yannick

 

JOUR 13

Il y a certains matins qui exigent un plus grand effort pour se sortir du lit. Ce matin, c’était mon cas. Après avoir passé une journée exceptionnelle la vieille, c’était le retour au petit « train-train »  quotidien. Mon manque de sommeil au cours des derniers jours commence à me rattraper. La motivation était un peu moins présente aujourd’hui. Très tôt ce matin, je suis retourné à l’hôtel dans l’attente de l’appel de mon client. Étant donné que je me suis fait remplacer hier, je ne savais pas à quelle heure il aurait besoin de moi. Lorsque je suis arrivé sur place, mes collègues de travail attendaient déjà depuis un moment dans la cafétéria. Étant donné qu’il faisait 15 degrés à l’extérieur et que le soleil était éclatant, certains d’entre eux ont proposé d’aller au Stanley Park. De cette façon, si notre client appelle, nous sommes à 2 minutes de l’hôtel. Étant donné que je suis allé régulièrement au Stanley Park, je ne voulais pas faire la visite habituelle. Comme il faisait beau et chaud, j’ai décidé d’aller à Second Beach pour dormir sur la plage. Certaines personnes ont décidé de faire le tour du parc à pied, d’autres sont venus sur la plage tandis que les autres se sont loué un vélo. Donc, pendant près de 3 heures, j’ai dormi la face dans le sable chaud de la plage de Vancouver. Le son des vagues ayant un effet relaxant m’a aidé à m’endormir et reprendre un peu de sommeil.

 Suite à ce roupillon, je me suis dirigé avec quelques amis vers GrandVille Islande. À cet endroit, il y a un grand marché et plusieurs bons restaurants japonais. Ceux qui aiment les sushis, c’est l’endroit de choix à Vancouver. De plus, c’est là que se retrouve la place de la francophonie. Certains artistiques Québécois se donnent en spectacle à cet endroit. Ce qui est intéressant de Grandville Islande, c’est que tu peux goûter à plein d’aliments qui proviennent d’un peu partout. C’est un peu comme le marché Jean Talon à Montréal. Plusieurs artistes jouent de la guitare, chantent et divertissent les gens qui marchent dans le quartier. Nous en avons profité pour manger et déguster des fruits et légumes, viandes et fromages des autres pays. Certains ont mangé des fruits de mer. De mon côté, j’ai décidé de garder ma routine, soit de manger des sushis.

 En milieu d’après-midi, mon client m’appelle pour me demander de l’amener au Stanley Park. Faut croire que la mauvaise température qui est annoncée pour les prochains jours a incité les gens à sortir et d’aller visiter le parc. J’ai fait un guide touristique de moi-même et j’ai fait visiter les plus belles attractions du parc. Pendant que nous marchions sur le « sea trail », plusieurs personnes m’arrêtaient pour me poser des questions. Étant donné que j’avais mon manteau bleu, dès que quelqu’un a besoin d’une référence, ils viennent nous voir. C’est grâce à ça que j’ai rencontré la famille d’Olivier Jean, patineur de vitesse courte piste, qui a participé à la compétition du 1000m au tout début des Jeux. J’ai discuté avec eux pendant près de 30 minutes. Ils me racontaient comment Olivier s’est préparé pour les J.O. et de quelles manières il a réagi face à sa 4e place. C’est un peu la déception et la joie en même temps. Il est déçu de ne pas avoir gagné, mais il est quand même 4e au monde! C’est un peu paradoxal. Ensuite, j’ai poursuivi ma route avec mon client et sa femme à travers le parc. Nous avons visité la « rain forest » où sont les arbres géants. Toujours aussi impressionnant de voir ces arbres qui sont âgés de centaine d’années.

 Suite à notre marche, mon client s’est dirigé au restaurant pour un souper familial. C’est à ce moment-là que j’ai croisé son fils pour la première fois. Il ressemble à son père comme deux gouttes d'eau! Il semble être un gars sympathique. Je ne sais pas combien de temps il ne s’était pas vu, mais je peux vous dire que c’est complètement capoté de suivre une conversation en japonais! Je m’amuse à traduire leur conversation dans ma tête. C’est n'importe quoi, mais c’est la seule façon que j’ai trouvée pour passer le temps. Une fois de temps en temps, je comprends un mot japonais. Arigato ou HEY (qui veut dire oui).

 Comme vous le savez, dans mes voyages précédents ainsi que dans les jours précédents, ici à Vancouver, je rencontre toujours quelqu’un qui a un lien direct ou indirect avec moi. Voici l’anecdote : Lorsque mon client et son fils sont débarqués de la voiture en plein milieu du centre-ville à Vancouver, deux filles sont venues cogner à ma porte pour savoir si je pouvais les transporter au sud de Vancouver. Comme je dois faire une bonne occasion par jour, j’ai accepté de leur rendre service. En discutant avec eux pendant le trajet, la fille me demande d’où je viens. Je lui réponds que je viens de Québec. Alors, elle me répond qu’elle vient de Victoria et que son copain est québécois. Il vient de la ville de Grand-Mère!!! Je lui demande son nom. C’est Raphael Côté. Alors, je lui demande une photo, car j’ai une mémoire visuelle. Et comme le hasard fait bien les choses, je me rends compte que je connais ce gars-là. Quelles sont les chances, sur 1 million qu’une personne tente la chance de frapper à la porte d’une voiture et qu’elle sorte avec un gars que je connais qui vient de ma région? RÉPONSE : 0  C’est vraiment juste à moi que cela peut arriver. Je pensais que c’était fini là… mais non… Je vais porter les filles à leur appartement et je me dirige vers la rue grandville. En arrivant sur la rue, je remarque qu’il y a un gros accident et tout est bloqué. Alors, je dois faire un détour pour aller prendre un pont qui est situé plus à l’ouest de la ville. Mon détour de plusieurs km m’amène complètement à l’ouest de Vancouver soit près de l’université UBC. C’est alors qu’en tournant le coin, je croise un de mes amis de Montréal! Quelles sont les chances sur 1 million que je rencontre un de mes amis de Montréal pendant qu’il y a 2 millions de personnes dans la ville et que je sois dans le même coin que lui au même moment? La réponse : 0   C’est vraiment qu’à moi que tout ça peut arriver…

 Pendant qu’ils étaient au restaurant, il y avait la plus importante compétition de la journée soit le patinage artistique en couple. Plusieurs de mes collègues sont allés voir patiner les athlètes, mais comme je ne suis pas un fervent amateur, j’ai décidé de rester à l’hôtel et de me reposer. Je suis allé déranger mon ami François qui travaille au kiosque de vente d’articles des J.O. afin qu’il me raconte toutes ces aventures et ces voyages qu’il a faits au fil du temps. Il faut bien que je commence à préparer mes prochains voyages! J’ai su que le Canada avait gagné quand tout le monde dans l’hôtel hurlait et courait partout. C’était assez drôle de voir ça. Pour la première fois depuis que je suis arrivé à Vancouver, je n’ai pas assisté à aucune compétition. Quoique j’en ai eu pour mon argent hier! Peu importe, j’espère bien avoir le temps d’aller au match du Canada demain soir.

 Demain est un autre jour. Je n’ai pas vraiment de plan en tête. Mon client est surement occupé. J’aimerais peut-être aller à Cypress Mountain pour aller voir les compétitions. Aussi non, je me contenterai du hockey!

 Bonne journée!
Yannick

 

 
JOUR 12
 

S’il y a une raison pour laquelle je voulais participer aux Olympiques, c’est bien parce que j’aurais peut-être la chance d’aller voir jouer les meilleurs joueurs de hockey de la planète réunis dans un même tournoi. Aujourd’hui, à Vancouver, c’était la journée la plus attendue depuis l’ouverture des Jeux. De grandes rivalités allaient s’affronter et c’est à ce moment-là qu’on assiste à des parties historiques. Bien que les résultats de ces parties ne soient pas toujours ceux que l’on voudrait, il n’en demeure pas moins que les meilleures équipes se démarquent. Je n’aurai plus jamais la chance de voir autant de bonnes parties dans la même journée! C’était l’occasion ou jamais. C’était vraiment un moment spécial pour moi.

  Ce matin, après quatre heures de sommeil, je me suis dirigé vers le GM Place pour assister au « tail gate » qui était organisé dans les rues et les stationnements avoisinant l’aréna. Mon ami Ron est venu me rejoindre, car lui aussi voulait assister aux matchs. L’ambiance dans les rues était incroyable. C’était plein à craquer. Je ne sais pas combien de gens sont descendus dans les rues du centre-ville cette journée-là, mais il devait y avoir au moins 100 000 personnes.

 Les gens se cherchaient des billets à vendre et les revendeurs se faisaient plaisir de vendre les billets à des prix démesurés. Étant de nature curieux, je suis allé voir un revendeur pour connaître le prix d’un billet dans les sections près de la glace. Le revendeur ne m’a pas donné de montant exact. Au départ, il te demande combien tu veux payer (ce qui me rappelle les soucs au Maroc!). Je lui ai offert 200 $ pour un billet. Il m’a pratiquement envoyé promener! Comme j’ai vu que je n’étais pas du tout dans les prix, j’ai augmenté jusqu’à 600 $ pour un billet. Même à 600 $, le gars ne me regardait même pas. Sans savoir exactement le prix d’un billet, j’imagine que certaines personnes doivent avoir payé jusqu’à 1000 $ pour assister au match Canada-USA. On pouvait sentir la rivalité en marchant dans la rue. Les gens chantaient et dansaient dans les rues. Dès qu’un individu avait le malheur de se promener avec un gilet des USA, il se faisait huer et il recevait des injures d’un peu tout le monde. Le hockey ici, c’est plus qu’un sport, c’est une religion. Les gens prennent leur sport à cœur.

 Pendant près d’une heure, nous avons marché et festoyé avec les gens à l’extérieur de l’aréna. Bien évidemment, nous avions dans l’idée de se trouver un bon siège pour regarder le premier match de la journée, soit celui de la Russie. Dès notre arrivée à l’aréna, nous nous sommes dirigés vers les loges de la famille olympiques. Je ne croyais pas être en mesure d’avoir un siège parmi les médias étant donné qu’ils ont assigné un certain nombre de journalistes pour chacun des sièges disponibles. Vous comprendrez que les loges ne sont pas mal non plus! Nous sommes un peu plus hauts, mais nous avons le confort et le luxe d’une loge.

 Lorsque les Russes sont sautés sur la glace, j’ai tout de suite attiré mon attention sur Alexander Ovechkin. J’avais la chance pour la première fois de ma vie de le voir jouer live. Ce gars-là est exceptionnel. Nous étions que dans le « warm-up » et il j’étais déjà impressionné! Il a décidé de prendre une dizaine de rondelles, se placer à la hauteur des « dots »  et viser le coin supérieur droit. Premièrement, son tir du poignet doit être aussi fort que le lancer frappé de Zdeno Chara et deuxièmement, sur les 10 rondelles, il y en a 8 qui sont allés exactement à l’endroit qu’il voulait. Tout au long de l’échauffement, il s’amuse avec la rondelle et il pratique ses « skills ». Les Russes sont reconnus pour être des joueurs avec beaucoup de « skills ». Pendant l’échauffement, chaque fois qu’un joueur à la rondelle, il travaille des mouvements d’agilité. Pour ceux qui ont visionné le DVD d’Alex Kovalev, se sont des « move » comme ceux-là qu’ils pratiquent. Juste avant de prendre un tir, ils font une feinte, etc. Bref, ils sont impressionnants à regarder aller. Pour ce qui est du match, nous étions super bien placés. Tous les joueurs de la Russie sont le fun à regarder jouer. Kovalchuck, Datsyuk, Malking, Markov font partie de l’élite de la LNH et j’ai été en mesure de constater pourquoi ! À mes côtés, il y avait un admirateur de l’équipe de la République Tchèque. Je ne sais pas combien de redbull, il avait consommé, mais il criait comme un défoncé. Après 1 période il n’avait plus de voix alors tout est revenu à l’ordre pour la fin du match.

 Lorsque le match fut terminé, nous sommes retournés dans les rues pour marcher et prendre de l’air. Nous avions deux heures devant nous alors nous avons visité un peu le centre-ville. Tous les gens qui marchaient dans la rue étaient habillés en rouge. Sur une de mes photos, vous serez en mesure de constater l’ampleur de la masse rouge qui se déplaçait dans les rues de Vancouver. Déjà, 1 heure avant le début de la rencontre, les gens qui avaient accès par l’entrée des médias et/ou de la famille Olympiques faisaient la ligne pour s’assurer d’avoir une place pour voir la rencontre. De mon côté, je savais que je serais en mesure de me trouver une place pour le match. Contrairement aux autres parties, la direction du BC Place a donné comme ordre que d’accepter seulement les gens qui détiennent les billets. Alors, comme je n’avais pas de billet et que ma « pass » n’allait pas me garantir un siège, j’allais avoir de la difficulté à me trouver un siège. Comme le tout début dans mon voyage, je rencontre toujours un bon samaritain qui me laisse prendre un siège sur la passerelle. Alors, j’ai été en mesure de voir le match mais pas nécessairement dans une loge. Je dois vous avouer que je suis vraiment déçu de l’équipe canadienne. Avoir autant de talent et ne pas être en mesure de l’exploiter. C’était un super de bon match. Tout au long de la rencontre, les gens dans les estrades étaient en feu! Chaque fois qu’il y avait un tir, les gens sautaient de sur leur siège. Tout le monde voulait que le Canada gagne! Malheureusement, le résultat n’a pas été convaincant.

 Après notre 2e partie, nous nous sommes dirigé Ron et moi au BC Place. Nous avons assisté à la cérémonie de la remise des médailles. Nous avions 2 heures entre les deux parties. Après la cérémonie, il y avait un spectacle de musique. Les Troopers et Lover Boy étaient les groupes de la soirée. Je ne suis pas un grand admirateur de musique, mais tout le monde semblait connaître les chansons. Se sont deux groupes des années 80. C’était correct, mais sans plus. J’aurais aimé aller au pavillon du Québec pour aller au spectacle des Cowboys Fringants. Cependant, nous ne serions pas revenus à temps pour le match. Suite à la cérémonie, nous sommes retournés au BC Place pour la 3e partie. Les Suédois sont très impressionnants. Ils travaillent bien ensemble et c’est probablement l’équipe la plus négligée dans ce tournoi. Je ne serais pas surpris s’ils se rendaient en finale. Ce qui est intéressant d’être aux Olympiques, c’est qu’on rencontre des gens que l’on voit régulièrement à la télévision. J’ai croisé tous les journalistes québécois qui sont attitrés à la couverture du Canadien. J’ai parlé avec plusieurs d’entre eux. Certains sont plus sympathiques que d’autres. J’ai parlé avec Réjean Tremblay, Normand Flyn, Benoit Brunet, etc.

 À la fin du match, je croyais que ma soirée était terminée. Des collègues de travail nous ont invités à les rejoindre dans un « irish pub » dans le centre-ville de Vancouver. Un peu partout dans la ville, les rues sont bondées de monde et les bars ne font pas exceptions. Yelltown est l’endroit idéal pour faire la fête. Il y avait des gens d’un peu partout sur la planète. Ce qui est intéressant, c’est que tout le monde se parle, les gens apprennent à se connaître et nous faisons des rencontres vraiment enrichissantes. J’avais l’impression de faire le tour du monde en deux heures! Nous avons eu beaucoup de plaisir avec toute la gang. Certains étaient plus intenses que d’autres. Bref, ce fut une soirée mémorable!

 Demain, retour au boulot. Rien de prévu à l’horaire. C’est une journée tranquille pour la compétition.
 À demain. Yannick

 
JOUR 11

Pour la première fois depuis plus d’une semaine, j’ai la chance de faire la grâce matinée. Étant donné que mon client m’a donné un avant-midi de congé, j’en profite pour récupérer et j’essaie d’accumuler des heures de sommeil pour la semaine qui arrive. Un peu plus tard dans l’avant-midi, mon client m’appelle pour me dire qu’il aura besoin de mes services seulement en fin de journée. En regardant l’horaire des jeux, je me rends compte qu’il y a une partie de hockey au GM Place à midi. Je me prépare le plus rapidement possible afin d’arriver à temps pour le début de la partie. Une fois sur place, je me rends compte que la Suisse rencontre la Norvège. J’étais un peu déçu de m’être déplacé aussi rapidement pour une partie qui s’annonce plutôt médiocre. Malgré le calibre des deux équipes, l’aréna est rempli à craquer. Il y a des partisans des deux équipes qui se sont peinturé le corps en entier aux couleurs de leur pays. Il y a des drapeaux partout dans les estrades. Les gens sont excités d’être sur place et d’assister au match. Au niveau des médias, je crois que l’intérêt était bien différent. Je me suis placé dans la 6e rangée au centre de la glace. Il y avait seulement une dizaine de journalistes qui assistaient à la partie. J’étais très bien placé et à ma grande surprise, ce fût un match incroyable. Bien que le calibre de jeu ne soit pas aussi élevé qu’un match Canada-USA, l’intensité était bien présente.

 Les deux équipes voulaient absolument gagner pour augmenter leurs chances de faire partie des équipes qui passeront en quart de finale. J’ai été agréablement surpris de la performance des deux formations. Le match était âprement disputé et les deux équipes ont dû se rendre en prolongation pour déterminer un gagnant. C’est incroyable d’avoir la chance d’assister à un aussi bon match et être aussi prêt de l’action. Je pouvais entendre les gars se parler sur la patinoire. J’entendais le gardien suisse communiquer avec ces défenseurs en leur criant des « OVER », « HARD » etc. Mark Streit, le capitaine de la Suisse, ne m’a pas beaucoup impressionné. En principe, il devait être le meilleur joueur sur la glace. Il n’a pas disputé son meilleur match. Un journaliste suisse et moi s’amusions à analyser la partie et la performance de l’ancien joueur du Canadien. 

 À la fin du match, je suis retourné à l’hôtel pour conduire mon client vers l’anneau de glace. Nous allions assister à la finale chez les hommes au 1500m. J’étais content, car c’était la première fois que je voyais une compétition chez les hommes. Encore une fois, j’ai réussi à me dénicher un bon siège pour regarder la compétition. Le canada était très bien représenté  lors de cette compétition. Plusieurs personnes croyaient qu’on serait en mesure d’aller chercher une médaille. Lorsque je me suis assis dans les estrades, deux personnes à côté de moi parlaient français. C’était un journaliste de la Suisse et une journaliste de RDS. Elle me disait qu’elle suivait les athlètes qui s’entraînent dans l’ouest canadien. Ils étaient plus particulièrement attitrés au patinage longue piste. Ce qui était intéressant comparativement aux dernières compétitions auxquelles j’ai assisté, c’est que j’avais des commentaires et des explications à propos de certains compétiteurs. Bref, j’avais une analyse complète comme si j’écoutais la compétition à la télé. Comme vous le savez, le Canadien n’a pas réussi à terminer parmi les trois premiers. C’est assez intéressant de voir les patineurs souffrir lorsqu’il reste 1 tour. À leur voir la face, on comprend qu’ils sont au maximum de leurs capacités et que l’acide lactique est bien présente. Ils sont loin d’être dans leur zone de confort!

 Suite à la compétition de patinage, j’ai ramené mon client à son hôtel. J’étais très content d’apprendre qu’il n’avait pas besoin de mes services pour la soirée. Ma famille d’accueil avait organisé un party portugais. Pour ceux qui ne sont pas familier avec la culture portugaise, vous devez savoir qu’un party dure environ 24 heures! Ils mangent pendant 24 heures, ils boivent pendant 24 heures, ils dansent et chantent pendant 24 heures, bref, ils ne dorment pas pendant 24 heures. Un peu comme l’activité physique, l’important dans un party comme celui-là, c’est la gestion de l’intensité. Si on mange trop, trop vite, ou si l’on boit trop, trop vite, on ne réussira pas à passer au travers. Mon amie Stéphanie l’a appris à ses dépend il y a deux ans!  De mon côté, j’ai quand même un peu d’expérience avec les partys portugais. Lors de ma session d’été, j’ai participé à mon premier party. Pour ceux qui connaissent déjà l’histoire, vous comprenez qu’il faut avoir un peu d’expérience pour passer à travers une telle journée! 

 Très tôt le matin, tous les membres de la famille (environ 45 personnes) se sont réunis pour le dîner. Ma « homestay mother » avait préparé des plats typiquement portugais et mon « homestay father » s’était occupé de la bière, du vin et du « moonshine ». Je peux vous garantir qu’il y avait amplement de nourriture et de boisson pour 72 heures! Le « moonshine » est une eau de vie que les Portugais consomment très régulièrement. Ils produisent eux-mêmes leur alcool. Pendant que je travaillais, la famille avait déjà commencé à fêter. Ils écoutaient les Olympiques à la télévision. Lorsque je suis arrivé en fin de journée, les gens commençaient à être pompettes! Ils avaient eu la bonne idée de faire des gageures sur les résultats des compétitions de patinage longue piste. Il est important de mentionner qu’ils écoutaient la reprise à la télévision. Cependant, ils croyaient que c’était « live » !

  Ayant un avantage sur eux (j’ai assisté à la compétition dans l’après-midi) je connaissais les résultats. Vous comprenez que ma famille n’avait pas cette information. La gageure était simple. Il y a avait 2 compétiteurs à la fois. Chaque membre de la famille était jumelé à un autre. Chacun gageait sur un patineur et celui qui perdait devait consommer un « shooter » de « moonshine ».  Alors, tout le long de la soirée, je gageais sur un patineur en sachant bien qu’il allait gagner. Je me trompais à quelques occasions, alors personne ne se doutait que j’avais des informations privilégiées. Je peux vous assurer que j’ai gagné très facilement mon pari. En fait, mon « homestay father » n’a pas terminé la compétition. Pour les deux derniers compétiteurs, j’ai proposé à la famille un « deal » qu’elle ne pouvait pas refuser. Voici ma proposition : je vous gage que le patineur de la Corée va faire un meilleur temps. Il va le battre de .85 secondes !  Si ce n’est pas le cas, je vais boire 5 shooters de « moonshine » ! Si c’est le cas, vous devez boire 10 verres chacun.  Personne n’a rien vu aller. Ils ont tous accepté le défi. Le résultat :  Le patineur de la Corée a gagné par .85 secondes !!!! À ce moment-là, ils ont su que c’était une reprise. J’étais mort de rire. Vous auriez dû leur voir la face. Finalement, nous avons conclu qu’on devait boire 5 verres chacun! Finalement, le party s’est terminé aux petites heures de la nuit. Il y a une autre tradition portugaise qui est très importante. Lors de rassemblement comme ceux-là, à minuit, ils doivent manger du crabe. Je n’ai pas trop compris la raison pour laquelle ils doivent faire ça, mais c’est la coutume. Alors, après avoir mangé comme des cochons pendant toute la journée, à minuit, nous avons mangé du crabe. Quelle bonne manière de terminer la soirée! C’est un peu différent d’une poutine chez bravo à 3 h du matin!

 Aujourd’hui, j’ai décidé que je prenais une journée de congé demain. La raison est bien simple. Demain sera la plus importante journée de hockey. Je vais aller voir jouer la Russie, le Canada VS les USA et finalement la Finlande VS la Suède. Je vais me rappeler de cette journée toute ma vie!!

 Yannick

 

 
JOUR 10

Depuis plusieurs jours déjà, je vous parle de mon intérêt d’aller vivre les Jeux dans la région de Whistler. Pour mille et une raisons, mon périple au nord de Vancouver était toujours reporté. Cette fois-ci, c’était la bonne. Très tôt ce matin, mon client, son invité et moi avons emprunté la route 99A en direction de Whistler. Lorsque Vancouver bataillait pour être la ville-hôte,  le CIO avait imposé une condition quant à l’obtention des Jeux. Le COVAN devait refaire de A à Z la route qui relie Vancouver à Whistler. Il y a 4 ans, lorsque j’ai quitté le Québec en voiture pour me rendre jusqu’à la côte ouest-canadienne, la route de Whistler était à peine débutée. Plus les années avançaient, plus on pouvait noter les changements de cette route dangereuse. Pour vous faire une idée, c’était comme la route dans le parc des Laurentides. Aujourd’hui, lorsque j’ai emprunté cette route, j’ai constaté que c’était l’héritage que les J.O. auront laissé à la ville de Vancouver et de Whistler.

 En circulant sur cette nouvelle route, je me rappelais des souvenirs incroyables que j’ai eus lors des dernières années sur ce chemin montagneux. Que se soit notre séjour de camping sur le bord de l’océan, plus précisément à Squamish avec le « Moonshine » portugais ou ma marche extrême sur le bord de la route de Whistler (qui était en construction à ce moment-là) avec mon ami Étienne entre Horseshoe Bay et Lions Bay ou mon hiking à Lions Bay et à Giribaldi Park où les paysages incroyables des glaciers, ce petit bout de chemin m’a fait le plus grand bien. Deux heures de voiture pour revenir dans le temps! J’étais nostalgique! Sur la route, il y avait à tous les km, des voitures de police pour vérifier la vitesse des voitures. Ce dont j’ai du mal à saisir, c’est qu’il y a des gens qui roulent à une vitesse excessive même s’il y a de la police partout! Bien évidemment, ils se sont tous fait arrêter. J’ai profité de ces deux heures pour connaître mon client davantage et d’en savoir plus sur les livres qu’il a écrits dans sa vie. Nous avons eu de très bonnes discussions sur les sujets de ces volumes. Il a écrit des ouvrages sur son sport (le ski alpin), mais également un livre qui porte sur la philosophie de vie. Je voulais connaître quelle était sa philosophie de vie. En fait, il m’a résumé son bouquin en 1 phrase. Pour donner un sens à sa vie, il faut avoir des rêves. Il m’a donc expliqué comment il est parvenu à devenir Vice-Président du CIO. Comment ces rêves l’on amené loin dans la vie. C’est un homme très sage qui, à première vue, ne semble pas très expressif, mais lorsqu’il te raconte sa philosophie de vie, il en parle avec passion. Justement, en parlant de rêve, je lui expliquais que j’étais en plein dedans! Et comme il faut allumer les passions et se laisser guider par nos rêves, je lui mentionnais que j’ai appliqué hier pour les J.O. de Londres en 2012. Nous avons échangé comme ça pendant près d’une heure. J’étais vraiment captivé par sa conviction face à sa philosophie de vie. 

À notre arrivée à Whistler, j’ai constaté que le village était complètement transformé. Le village est plein à craquer. Il doit y avoir 10 personnes au mètre carré. Tout le monde se stationne à l’extérieur du village et ils marchent pour se déplacer un peu partout à travers la ville. Nous nous sommes rendus à Whistler Creek Side afin d’assister à la compétition de ski alpin, le super G. Lorsque nous sommes arrivés sur place, il devait y avoir 5000 personnes en bas de la pente. C’était très bruyant, mais l’ambiance était à la fête. Les conditions pour une journée à Whistler étaient parfaites. Il faisait 10 degrés en bas de la pente avec un soleil resplendissant. Je ne pouvais pas demander mieux pour une première compétition à Whistler. C’est intéressant d’assister à autre chose que du curling, du hockey, du patin, etc. Encore une fois, je me suis retrouvé assis en plein milieu des estrades. J’étais super bien placé. C’était la première fois de ma vie que j’assistais à une compétition de ski. Je dois vous avouer que pour faire ce sport là, il faut être un peu fou dans la tête. Les gars descendent à plus de 160 kmh! Durant la finale, il y a eu 2 accidents et plusieurs sorties de piste. Le plus grave accident s’est passé directement en face de nous. Le skieur arrivait en bas de la pente et il a perdu pied. La chute a été brutale. C’était le plus vieil athlète à participer à cette compétition. Il avait 40 ans et il en était à sa dernière descente. Il va s’en rappeler longtemps de sa dernière descente de ski! Pour ce qui est de la compétition en tant que telle, je vous avouerais que j’ai trouvé l’expérience correcte, mais sans plus. Près de 99 % de la course, on la regarde sur l’écran géant. Alors, c’est difficile de rester là à attendre que l’athlète arrive.

 À la fin de la compétition, il s’est déroulé un événement spécial. À priori, je dois vous dire que j’ai sauvé une vie aujourd'hui! Voici l’histoire. Je retournais à l’autobus avec mon client et son invité lorsqu’une pierre a déboulé du haut de la montage. Lorsque je me suis levé les yeux, la pierre descendait à pleine vitesse. Alors, j’ai crié à mon client et au gars qui était en avant « WATCH OUT »!!!!!!!!!!! La pierre était grosse comme un ballon de basketball. Il aurait pu se faire assommer. Le gars en avant était content et il m’a dit tout au long du trajet du retour vers le stationnement que j’avais sauvé sa vie. C’était très drôle!

  Rendus au niveau de la route, nous sommes retournés à Vancouver pour aller visiter le village des athlètes. Je suis allé au village au tout début des J.O. Il n’y avait pas beaucoup d’athlètes sur place et je n’avais pas accès aux appartements. Lorsque je suis arrivé à la sécurité, j’ai constaté que le policier qui me parlait était un gars de Trois-Rivières. Il est gérant de l’équipe Midget AAA des Estacades de la Mauricie. J’étais bien content de le revoir. À ma grande surprise, il m’a reconnu. Bref, une autre rencontre surprenante. Cependant, ma chance n’allait pas s’arrêter là. À mon arrivée dans le village, j’ai constaté que j’avais accès aux appartements des différents pays. C’est facile de savoir quel pays est dans quel immeuble puisque tous les athlètes ont placé des drapeaux sur leur balcon. En marchant dans le village, j’ai croisé pour la deuxième fois Jacques Lemaire. Je l’ai arrêté et nous avons pris une photo ensemble. Il y avait aussi Landy Ruff. Par la suite, je me suis dirigé vers le « loundge » des athlètes. C’est là que les athlètes vont se reposer. Lorsque je suis entré, j’ai constaté qu’il y avait plusieurs athlètes sur place. Je me suis promené un peu et c’est la que j’ai vu qu’une personne jouait à la Wii. Il semblait jouer au tennis. Alors, je me suis dit pourquoi ne pas aller lui demander s’il a besoin d’un adversaire pour jouer! Lorsque je suis arrivé à côté, je me suis aperçu que c’était Sergei Kostytsin du Canadien de Montréal! Sans aucune gêne, je lui ai demandé si je pouvais jouer avec lui. Il m’a fait signe de prendre la seconde manette et nous avons échangé pendant près de 10 minutes. Je lui ai demandé s’il était meilleur au tennis ou au hockey. Il m’a répondu le hockey! Ça doit être vrai puisque notre match de tennis était chaudement disputé! Encore une fois, je ne comprends pas pourquoi je fais d’aussi drôle de rencontre. Il faut croire que je suis à bonne place au bon moment. Je n’ai pas de photos avec lui étant donné qu’à l’entrée du village, les membres de la sécurité nous ont demandé de ne pas prendre de photos avec les athlètes.  

 En soirée, je suis allé dans le centre-ville de Vancouver. C’était la folie furieuse! C’est le premier vendredi des J.O. et les gens sont sortis dans les rues. Il devait y avoir près de 300 000 personnes réparties sur 3 pâtés de maisons. C’était comme le festival de St-Tite, mais en plus gros. IL y avait des gens de tous les pays qui festoyaient. L’ambiance était à la fête. J’étais avec mon ami Ron de Moncton et nous sommes allés rejoindre des collègues dans un Irish Pub. C’était le délire total dans tous les bars de la ville. Je n’ai jamais vu autant de monde dans un même endroit. C’était vraiment agréable. Évidemment, il y avait de la sécurité partout. Il devait y avoir entre 15 et 20 policiers par coin de rue. Plus ceux qui marchent dans les rues. Bref, s’il y avait 300 000 personnes, il devait au moins avoir 10 000 policiers!! Tout s’est déroulé dans le calme. Tout le monde était joyeux. Bref, c’était une super soirée.

 Demain matin, mon client m’a donné congé. Je vais en profiter pour dormir, car je suis extrêmement fatigué. J’ai des journées bien remplies et si je veux être en mesure de me rendre jusqu’à la fin, je vais devoir reprendre un peu de sommeil. Demain, en principe, je devais aller voir du hockey sur glace et peut-être du ski à Cypress Moutain dans le nord de Vancouver.

 Yannick

 

JOUR 9

Pour une des rares fois depuis plus d’une semaine, mon horaire de la journée n’était pas déterminé à l’avance. Étant donné que mon client n’a pratiquement rien fait hier, je me disais qu’il était pour être en feu aujourd’hui. Alors ce matin, je me suis levé tôt afin d’être prêt pour une journée bien remplie. J’étais motivé, car je me doutais bien que j’allais avoir la chance d’assister à plusieurs compétitions tout au long de la journée. À mon arrivée à l’hôtel, une de mes collègues de Vancouver m’offre d’aller marcher dans le Stanley Park. Étant donné que son client n’a pas donné de signe de vie depuis plus d’une semaine, elle se cherche des activités à faire pour remplir sa journée. Comme je n’étais pas allé au Stanley Park et que mon client ne m’avait pas appelé, j’ai accepté l’invitation. Nous nous sommes dirigés vers l’un des plus beaux parcs de l’Amérique du Nord.  

 Pendant plus de deux heures, nous avons marché les 12 km de la piste cyclable qui longe le bord de l’océan Pacifique. C’était tellement beau et chaud à l’extérieur que j’avais l’impression d’être au mois de juillet. Tout le monde est en short et en t-shirt à l’extérieur. C’est vraiment le monde à l’envers. Il faut bien être aux Jeux d’hiver pour courir à l’extérieur en vêtement d’été. Ici, il y a tellement de monde qui fait du jogging, du vélo et du roller que ça donne le goût de bouger. Je crois que mon prochain marathon sera ici à Vancouver. Le trajet est splendide. La vue sur la ville de Vancouver et surtout sur le Lion Gates, le pont qui joint le nord et le sud de l’île de Vancouver. Nous marchons à travers le parc et pour la première fois depuis mon 2e séjour ici, je constate les dégâts de la tempête qu’ils ont vécue à l’hiver 2008. Je dois vous mentionner que les arbres géants qui font du Stanley Park un endroit magique sont pratiquement tous coupés. J’ai lu sur une affiche qu’ils ont dû couper 40 000 arbres dans tout le parc. Lors de mon premier séjour, j’avais eu la chance de visiter et courir le parc dans toute sa splendeur. Lors de mon 2e séjour, la ville avait fermé la moitié du parc afin de terminer le nettoyage avant l’arrivée des J.O.

 C’est en prenant du soleil et en discutant avec ma collègue qui me raconte plein d’anecdotes sur l’histoire du parc que je passe une bonne partie de mon avant-midi. Nous avons passé du temps à Third Beach et Second beach avant de retourner travailler en début d’après-midi. Vers midi, mon client m’appelle pour me signifier qu’il veut assister à la finale féminine de patinage de vitesse longue piste. Quelle bonne idée d’autant plus qu’il y a des chances de médailles pour le Canada! Je n’avais pas eu la chance de voir patiner les filles de l’équipe canadienne. Je dois vous avouer que je n’ai pas été déçu! Comme dans toutes les compétitions auxquelles j’assiste, je me suis trouvé un siège avec une excellente vue sur l’ovale. C’est impressionnant de voir des filles patiner à plus de 60kmh pendant 1000m. Encore une fois, la finale a été incroyable. Il y avait 3 Canadiennes en liste et parmi celles-ci, je croyais que Groove allait remporter la victoire. Cependant, c’est sa collègue qui a fait le meilleur temps. Lorsqu’elle s’est avancée à la ligne de départ, on pouvait sentir la fébrilité dans l’aréna. Les gens étaient tous debout sur leur siège et on se croisait les doigts pour qu’elle remporte la médaille d’or. Comme au curling, tout s’est passé à la fin! Dans le dernier droit, elle a fait une remontée spectaculaire pour aller chercher la première place. Tout le monde criait à tue-tête pour l’encourager dans son sprint final. Lorsque les gens ont constaté le résultat, le bulding voulait exploser! C’est incroyable le sentiment de voir une Canadienne remporter la médaille d’or. Pendant la compétition, il y avait 2 Japonais qui participaient. J’ai demandé à mon client s’il voulait se reprendre et faire « kit ou double ». N’étant pas convaincu de ces athlètes, il a refusé mon offre! À la fin de la compétition, il est venu me voir pour me dire : You beated us again…! Je suis tellement content d’avoir le dessus sur lui!

 Pendant que j’attendais mon client dans le lobby de l’aréna, Nathalie Lambert était assise juste en face de moi. C’est la chef de mission de l’équipe canadienne. Je dois vous mentionner que mon ami Guy m’a lancé un défi la semaine dernière. Il m’a dit que je devais essayer de me faire prendre en photo avec elle. Je suis allé la voir pour lui raconter mon histoire. Elle a bien voulu prendre une photo afin que je puisse réussir mon défi. Un peu plus tard, j’ai fait la rencontre pour une 2e journée de suite de M. Suttherland. Je n’ai pas osé aller le déranger étant donné qu’il semblait être très occupé. Il me semble qu’il soit très intéressé par le sport parce que je le croise régulièrement.

 À mon retour de l’ovale, je suis allé manger avant d’aller assister à la compétition de patinage artistique. C’était le programme long chez les hommes. À priori, je dois vous avouer que je ne suis pas un grand admirateur de patinage artistique. Encore moins, chez les hommes. Comme c’était la finale, je me disais que c’était pour être un peu plus intéressant. Nous étions plusieurs collègues à assister au spectacle. Nous étions assis dans l’aréna et nous regardions l’événement comme tout bon spectateur. Je dois vous avouer que je n’ai pas été impressionné plus qu’il faut. Ils sont tous tombés! C’est les Olympiques, voulez-vous bien m’expliquer pourquoi quelqu’un qui tombe pendant sa compétition peut remporter une médaille? Bref, je ne comprends pas vraiment ce sport et je trouve ça un peu ridicule. Encore une fois, le Canadien a battu le japonais. Mon client en fait des cauchemars! Il va finir par s’en remettre.

 J’aurai attendu 10 jours avant d’avoir la chance d’aller à Whistler. Demain matin, très tôt, je quitte pour les compétitions de ski alpin et de ski de fond. J’ai bien hâte de retourner là-bas. Je vais me rappeler de bons souvenirs! Je vais en profiter pour aller visiter le village des athlètes et j’aimerais faire la gondole « Peak to Peak ». Elle relie les deux montagnes soient Blackhomes et Whistler.

 En terminant, j’aimerais remercier ceux qui m’écrivent pour me donner leur avis et leurs impressions sur mes courriels! Continuez de m’écrire et de me donner de vos nouvelles. De plus, si vous avez des défis à me proposer, n’hésitez pas à le faire!

Yannick

 

JOUR 8

Bonsoir à tous !

 Avant de commencer à lire, je dois vous mentionner que je vais vous parler de curling, de patinage de vitesse longue et courte piste, de hockey mais surtout de ma rencontre avec Jacques Rogue, président du comité olympique international et de John Furlong, président du COVAN, les deux personnes les plus importantes des J.O.  J’ai toute une anecdote à vous raconter par rapport à eux. Je vais m’en souvenir toute ma vie!!

 Comme je vous le mentionnais hier, je devais me diriger, tôt ce matin, vers Whistler pour assister à la compétition de «downhill » féminin. Mon cadran me réveille à 7 h et je me prépare tranquillement pour cette journée. Pour la première fois depuis que je suis arrivé à Vancouver, il fait soleil et il n’y a aucun nuage. Donc dès mon réveil, j’ai la chance de voir les montagnes au loin. Quelques minutes avant de quitter pour l’hôtel, mon client m’appelle pour me dire que les plans ont changé. À ce moment, je dois vous avouer que j’étais extrêmement déçu. Je suis vraiment impatient de me rendre dans un des plus beaux endroits de l’Ouest canadien. Mon client me propose d’aller au curling féminin. On s’entend qu’entre du curling féminin et passer une journée à Whistler, on a l’impression qu’on vient de passer à côté de quelque chose. Mais peut-être pas…

 Je me dirige au centre-ville pour aller chercher mon client et nous nous dirigeons vers l’aréna. Comme je suis maintenant un franco-québécois-japonais, M. Igaya et sa femme m’accueillent en me parlant japonais. Je leur réponds du mieux que je peux tout en essayant de les surprendre en utilisant des mots que j’ai traduits du français au japonais sur Google! Ils n’ont absolument rien compris de mon baratin. Toujours en se dirigeant vers le centre de curling, j’apprends que le Canada joue contre le Japon! Voilà une bonne occasion de mettre du piquant dans un match de curling. Je propose à mon client une gageure qui ne pourra pas refuser. Si le Canada gagne la partie, il doit me payer un lunch au restaurant. Si le Canada perd, je dois payer le lunch. Avant de proposer ce pari, je n’avais aucune idée de quoi avait l’air l’équipe de curling canadienne. Voici ce qui s’est passé sur rendu sur place.

 À ma grande surprise, l’aréna était bondé de monde! On pouvait entendre les trompettes, voir les gens qui font la vague, et ceux qui crient comme des déchaînés dans les estrades pour encourager leur équipe. Bref, le party était pogné! Lorsque je suis arrivé, les parties venaient tout juste de débuter. Mon client était assis dans sa section privée et de mon côté je me suis dirigé vers les meilleurs sièges disponibles. Comme il n’y avait plus un siège de libre, il ne me restait plus qu’à me rendre directement sur la glace pour regarder la partie! Après une analyse approfondie du stade, j’ai finalement décidé de me placer à 1 pied de la glace de l’équipe canadienne. Encore une fois, j’avais les meilleures places assises dans tout l’aréna! Si je soufflais trop fort, j’aurais pu faire avancer la pierre. Ce qui est bizarre du curling, c’est qu’il y a 4 parties en même temps. Le problème, c’est que tous ceux qui sont dans les estrades ne regardent pas le même match. Donc, à certains moments, tu as quelques spectateurs qui se lèvent debout et se mettent à crier.

 N’étant pas un gars très familier avec le curling, au début, tu te demandes pourquoi 100 personnes crient à tue-tête et festoient comme des malades dans les estrades! Bien évidemment, ils ne regardent pas le même match que toi! Donc, nous avons toujours l’impression de regarder la mauvaise partie et de manquer quelque chose. Peu importe, je dois vous avouer que pour trouver un match de curling excitant, il faut vraiment être prêt de l’action. Ce n’est pas super intense comme sport alors si on est trop loin de l’action, on va s’endormir. De mon côté, j’étais en plein dedans! Quand les joueuses criaient « HARD HARD HARD » en anglais ou « TCHOUNG TCHOUNG TCHOUNG » en japonais, j’avais le goût de me lever et de me mettre à balayer pour faire avancer la pierre et réussir à aider l’équipe canadienne à faire gagner mon pari. Mon battement cardiaque a presque monté jusqu’à 110 battements par minute. Pour mes étudiants, j'ai pratiquement atteint le 2 METS ! Finalement, lors du dernier jeu, les Canadiennes perdaient par 1 point. À la toute dernière pierre, elle devait déplacer celle du Japon pour l’emporter. Et comme dans les plus belles histoires d’Hollywood, elles ont réussi à combler le déficit et l’emporter in extrémiste ! La foule était en délire, les gens ne se pouvaient plus, le toit du stade voulait sauter! Si à la télévision, vous avez vu un gars en bleu, qui saute comme un sans-génie après la victoire du Canada, et bien, c’est moi ! J’ai dû reprendre mes esprits, car j’allais enjamber la petite bande qui était devant moi pour aller donner un « high five » aux filles! Au retour à l’auto, mon client m’a serré la main en me disant : You beated us ! J’ai donc remporté ma gageure et je vais avoir droit à un souper dans un restaurant japonais de mon choix.

 Par la suite, nous nous sommes dirigés vers le pavillon du Japon. Mon client a passé quelque temps avec des gens de son pays. Après près d’une heure, il est revenu me voir pour me dire que ma journée était terminée. Il était brûlé et il voulait se reposer pour le restant de la journée. Excellent! Évidemment, dès que j’ai eu mon bleu, j’ai sorti mon horaire et j’ai planifié ma journée. En premier, je suis allé voir la compétition de patinage longue piste.   Je suis arrivé en retard alors je n’ai pas eu le temps d’apprécier tout le spectacle. Cependant, j’ai eu la chance de voir quelques patineurs. Contrairement à l’autre jour, je n’étais pas en plein milieu de la glace. Ensuite, je me suis dirigé vers le Pacifique Colisium pour la compétition de patinage de vitesse courte piste. Il y avait plusieurs Canadiens dont plusieurs Québécois qui participaient. Encore une fois, je me suis trouvé un bon siège. J’étais assis tout près de M. Suttherland. C’est un acteur très connu de Hollywood. J’ai assisté à la compétition et j’ai même vu la finale avec Marianne St-Gelais. Vous auriez du voir l’ambiance qui avait dans l’aréna. Pas autant qu’au curling, mais presque! Chaque fois que les Canadiens étaient sur la glace, les gens devenaient fous. Je suis un peu déçu de la finale, car j’aurais aimé que la Chinoise soit un peu plus challengée.

 Après ces beaux moments, je me suis dirigé vers le GM Place pour le match de hockey République Tchèque VS Slovaquie. C’était le premier bon match du tournoi, car les deux équipes sont de forces égales. À mon arrivée au stationnement, je me suis dirigé vers les ascenseurs pour me rendre au GM Place. Au même moment, deux individus entrent dans l’ascenseur. Dû au fait que nous sommes à cet endroit-là, je sais que les gens qui sont en face de moi sont importants. Mais à quel point, c’est ce que je voulais savoir. Alors, je commence la conversation de manière très amicale. Je discute de tout et de rien. Les deux personnes sont très gentilles et nous discutons pendant notre trajet vers l’aréna. À un certain moment, je leur pose la question suivante : quel est votre rôle ici dans les J.O.? Alors le premier à me répondre : Je suis le président international du CIO, monsieur Jacques Rogue ! Et l’autre de me répondre : Je suis le président des J.O. de Vancouver!! À ce moment-là, vous ne voulez pas savoir ce qui s’est passé dans ma tête. Je venais de manquer un bon moment pour me taire. Je n’ai même pas reconnu les deux personnes qui sont les plus importantes ici à Vancouver !!!!! C’est eux qui ont fait les discours devant plus d’un milliard de personnes lors des cérémonies d’ouverture et je ne suis même pas foutu de les reconnaitre!! Étant déstabilisé au cube, j’ai voulu me reprendre en leur mentionnant que jamais je n’aurais pensé, dans ma vie, être dans le même ascenseur qu’eux. Ils ont trouvé la situation très drôle! Vous pensez que l’anecdote est terminée, elle ne fait que commencer….

 Je me rends à l’aréna et comme je voulais être bien placé, je me suis permis de me rendre dans la section tout près des médias. Lorsque j’ai montré ma « pass » la fille m’a demandé d’aller m’asseoir à l’endroit où les journalistes écrivent leur texte. Juste avant d’aller m’asseoir, Jacques Demers, Alain Crête et Joël « chummy Chummy »  Bouchard était là. J’ai demandé à M. Demers si je pouvais prendre une photo avec lui. Il a accepté sans aucune hésitation. Nous avons discuté un moment et ensuite je les ai laissé travailler. Je ne pourrais pas en dire autant de Joël Bouchard. Malgré tout, il a accepté de prendre une photo. Devinez par quelle phrase Joël Bouchard m’a laissé : Salut mon CHUM !!!! Ça valait 100 000 $ de se faire dire ça! Je me suis retourné et j’ai éclaté de rire. Pour ceux qui me côtoient, vous savez comment j’apprécie le « chummy chummy » de Joël!

 Une fois assis, j’étais en plein centre de la glace à 8 rangées de la patinoire. Se sont définitivement les meilleurs billets dans l’aréna, à part celui du gars qui filme entre les deux bancs des joueurs. Peu importe, je regarde la partie avec attention. Je vais avoir la chance de voir jouer Jagr, Gaborik, Hossa, Halak, toutes des vedettes dans la LNH. Le match a été très bon. J’étais assis là et je me pinçais en me disant que je vivais le plus beau tournoi de hockey de la planète. À mes côtés, il y avait 1 journaliste tchèque et 1 journaliste de la Suisse. Je discutais de hockey avec eux et je voulais savoir jusqu’à quel point le hockey était important dans ces pays. J’ai raconté mon anecdote avec Jacques et John et ils l’ont trouvé très drôle eux aussi!

 Juste un peu avant la fin de la partie, j’ai décidé de quitter afin d’éviter le trafic. À mon retour à l’auto, devinez qui sont les deux personnes que j’ai croisées dans l’ascenseur. Je vous le jure ce n’est pas de la « bullshit ».  Jacques Rogue et John Furlong ! Je peux vous garantir que je me suis repris. Quand ils m’ont vu, ils m’ont dit : Bonsoir monsieur  le Québécois ! De leur répondre : je vous reconnais vous! Bonsoir M. Rogue et M. Furlong!

 Même si ma journée ne semblait pas être aussi excitante en début de journée, je peux vous garantir que j’en ai eu pour mon argent. Il n’y a jamais rien qui arrive pour rien. Demain, je ne connais pas mon horaire. Toutefois, je vais essayer d’aller au match du Canada contre la Suisse. Il y a aussi du snowboard féminin à Cypress Mountain.

 Ah oui, en terminant, j’oubliais, j’ai réussi, à travers ma journée bien remplie, à obtenir une « media pass » pour une durée indéterminée. Je ne me souviens plus si je vous ai parlé que Luc Gélinas m’avait offert de me faire visiter les studios de RDS et de TSN si je réussissais à me dénicher cette fameuse « pass ». C’est avec plusieurs efforts et plusieurs appels, j’ai eu ce que je voulais. Alors, je vais probablement, d’ici les prochains jours, appeler Luc pour lui mentionner que s’il a du temps, j’aurais accès au centre des médias. On verra bien en temps et lieu!

 Bonne journée!

 Yannick

 

 

JOUR 7

Ohio !
 
Bon matin tout le monde !
Encore une fois ce soir, j'ai encore de la difficulté à réaliser tout ce qui se passe. Je dois vous avouer que, en plus d'être courte, je n'ai pas été en mesure de fermer l'œil de la nuit. Malgré tout, très tôt ce matin, je me suis présenté dans un petit aréna de Vancouver, qui est située à l’arrière d’une école secondaire, pour assister à la pratique d’équipe Canada. Comme vous le savez, la journée d’une partie, les joueurs ont un « morning skate ». C’était l’occasion rêvée pour moi de faire des pieds et des mains pour essayer d’obtenir le bâton de Sidney Crosby et d’avoir la chance de parler avec certains joueurs. Lors de mon arrivée à l’aréna, je me suis aperçu que la pratique était annulée. À mon grand désarroi, je devais repousser ma stratégie à plus tard. Cependant, j’ai assisté à la pratique de l’équipe de la Norvège. Ce n’est pas le plus grand club de l’histoire du hockey, mais c’était intéressant de voir les gars pratiquer. L’équipe russe pratiquait en fin d’avant-midi et comme je ne croyais pas avoir le temps de les voir pratiquer, j’ai décidé de retourner à l’hôtel. En me dirigeant à ma voiture, j’ai rencontré quelques policiers du Québec. Je ne sais pas combien de policier le Québec a fourni pour les J.O., mais il ne doit pas en rester beaucoup parce que j’en rencontre partout! 

Sachant que j’avais un peu de temps devant moi et que j’étais tout près, j’ai décidé d’aller faire un tour à la Casa de la Gelato. Il n’y a pas moins de 218 sortes de saveurs de crème glacée! Du chocolat, à l’érable, en passant par de la crème glacée à l’ail ou à la vodka, cet endroit était pour moi un endroit spécial qui me rappelait de bons souvenirs. Je dois vous raconter qu’il y a deux ans, lorsque je suis allé à Vancouver pour une session d’été, je me suis fait initier à la Casa par mes amis Stéphanie et Annie. J’aurais bien aimé gouter à quelques nouvelles saveurs de crème glacée. Rendu à la Casa, l’horaire mentionnait que c’était ouvert de 17 h à 22 h. Un peu déçu, j’ai dû changer mes plans et je suis retourné à l’hôtel. 

À mon arrivée à l’hôtel, j’ai croisé mes fidèles amis policiers de la ville de Montréal. Ils sont tellement sympathiques! Ils s’emmerdent à longueur de journée. Ils sont là, debout, devant une clôture et un mur de béton à surveiller, je ne sais quoi, pendant plus de 14 heures. Afin d’aller leur changer les idées, je suis allé leur raconter mon histoire de la veille. Avant même que je ne dise un mot, ils savaient déjà que quelque chose de spécial était survenu. 

En fin d’avant-midi, mon client m’a confirmé qu’il voulait aller voir un match de hockey. Alors, nous sommes allés voir le match des USA contre la Suisse. C’était son premier match de hockey à vie. Pendant qu’il était avec les dignitaires des autres pays, j’ai profité de l’occasion pour me promener et me trouver un siège. Je me suis faufilé dans les loges du GM Place. Comme le hasard fait bien les choses, je me suis retrouvé assis avec une dizaine de personnes dont certains travaillent pour la LNH. À ma droite se retrouvait un représentant de la compagnie Omega qui est basée en Suisse et à ma gauche, le grand responsable des arbitres de la LNH Bob Hall. En discutant de nos cheminements dans le hockey, M. Hall me demande si je pouvais être intéressé à donner des cours de patin aux arbitres durant la saison estivale dans deux camps différents, dont un à Calgary et l’autre à Buffalo. Je suis très surpris qu’il m’offre un emploi semblable surtout que nous avons jasé que pendant 2 périodes! Je n’ai vraiment pas l’intention et je ne crois surtout pas que je serais le gars idéal pour cet emploi. Bref, c’était juste une anecdote intéressante à raconter. C’est exactement ça les olympiques. Que du hasard qui donne plein de choses intéressantes. 

Suite au match des USA, je suis retourné avec mon client à l’hôtel. Je suis demeuré quelque temps là-bas pour me rediriger au GM Place pour le match de fin d’après-midi qui opposait le Canada et la Norvège. En entrant dans l’aréna, je croise Jérémy Ronick, un ancien joueur de la LNH. En allant à mon siège, je rencontre John Tortorella, entraîneur de l’équipe des USA. Il y avait du monde partout. Les gens attendaient l’équipe canadienne. De mon côté, je suis retourné dans ma loge avec les gars que j’avais rencontrés le matin. J’ai écouté les deux premières périodes, car je devais retourner à l’hôtel pour amener mon client au BC Place. Mon client remettait les médailles d’or, d’argent et de bronze aux gagnants en patinage de vitesse longue piste. Encore une fois, pour une deuxième journée de suite, je me suis retrouvé backstage pour la remise des médailles. Comme mon client travaillait et que je devais l’attendre, j’ai décidé de prendre des cours de Japonais. La femme de mon client ne parle pas un mot anglais et de mon côté, je ne parle pas un mot japonais. Alors, voilà une merveilleuse occasion d’apprendre. Pendant près d’une heure, j’ai essayé d’apprendre des mots et des phrases en japonais. Je vous confirme que c’est impossible à apprendre cette langue! Les Japonais sont très reconnaissants et je sens qu’ils apprécient vraiment que je m’intéresse à leur culture. Bien que je la magane avec ma prononciation déficiente, ils continuent à me donner des cours privés. Mon objectif de la semaine : commander des sushis au restaurant en japonais. Je travaille là-dessus. Voici les quelques mots que j’ai appris aujourd’hui : ohio = bon matin  konishua = bon après-midi  Nan J kida = quelle heure est-il …. Etc. 

À la fin de ma journée, j’avais la chance d’aller voir le match de la Russie avec un des meilleurs joueurs au monde Alexander Ovechkin. Je ne croyais jamais dire ça dans ma vie, mais j’ai refusé d’aller au match par cause de fatigue. Demain, je m’en vais à Whistler avec mon client pour voir la compétition de Super G. Si je ne veux pas m’endormir au volant, je dois dormir un peu. Étant donné que j’ai l’horaire des pratiques et des parties, je vais avoir la chance de retourner voir les Russes. 

Oyasuminasai !
Yannick

JOUR 6

Salut la gang !

 Tout d’abord, je dois vous dire que je viens de vivre la plus belle journée de ma vie. J’ai tenu la première médaille d’or olympique du Canada, soit celle de Alexandre Bilodeau dans mes mains!!!! Sans prétention, je crois que je l’ai même eue dans mes mains avant lui!!!! Je peux même vous confirmer que je suis celui à qui Alexandre a livré ses premières impressions sur ce qui venait de se passer lors de la remise des médailles devant plus de 30 000 personnes! Je dois aussi vous dire que je suis le premier à avoir interrogé Alexandre après qu’il ait reçu sa médaille. Je vous raconte…  

 La journée a débuté très lentement. Mon client avait un rendez-vous pour l’heure du lunch alors j’en ai profité ce matin pour dormir un peu. C’est la première fois depuis que je suis arrivé que je dors plus de 6 heures par nuit. Je me suis dirigé vers mon hôtel afin d’être prêt advenant le cas que mon client change d’idée et décide de partir plus tôt. En arrivant sur le site, j’ai eu droit à mon deuxième cadeau. À l’aide d’une carte, les organisateurs comptabilisent les journées de bénévolat que nous faisons. J’ai reçu un petit « toutou » de Quatchi, une des 4 mascottes des J.O.

 Bien que j’étais content d’obtenir ce cadeau, j’espérais que ma matinée soit plus excitante que les journées précédentes. Dès mon arrivée sur le site, mes amis policiers m’ont demandé quelles étaient mes péripéties des derniers jours. Un peu comme moi, ils sont stupéfaits de voir comment je peux me retrouver un peu partout et dans toutes sortes de situations plus plaisantes les unes que les autres. Après plus d’une heure de discussion, j’ai poursuivi ma matinée à l’hôtel.

 Après être allé conduire mon client pour le lunch, j’ai marché sur le « sea road »  afin de me rendre à la flamme olympique. Cette piste cyclable me fait penser au boulevard St-Maurice à Shawinigan. Un peu comme à Shawinigan, il y a plein de gens qui courent, pratiquent le vélo et le patin à roulettes. La seule différence, c’est qu’il y a à la marina des bateaux de plus d’un million de dollars et des immeubles hauts de 50 étages. Après quelques minutes de marche, je suis enfin rendu aux « Medias center ». Je prends plusieurs photos de la flamme olympique. Cependant, je ne suis pas en mesure d’aller proche de la flamme. Je dois me contenter de la prendre en photo à travers la clôture. Il y a tellement de monde qui veut voir la flamme ici qu’on se croirait au Festival Western de St-Tite! Je suis resté près d’une heure à cet endroit et je suis retourné à l’hôtel pour amener mon client à une réception. Lorsque j’ai ramené mon client en fin d’après-midi, il m’a confirmé qu’il n’avait pas besoin de mes services avant 20 h 30. J’étais bien content, car je voulais me promener dans Vancouver et aller assister à différents événements. C’est à ce moment-là que tout change pour moi.

 Dès mon retour à l’hôtel, je croise Pierre, un ami à moi qui provient de Gatineau. Il me lance à l’oreille que ce soir, à la BC Place, c’est la cérémonie de la remise des médailles, dont celle d’Alexandre Bilodeau. La remise est à 19 h et mon client a besoin de moi seulement à 20 h 30. Je décide de prendre mon char et de me diriger directement au BC Place. Étant donné que je suis un chauffeur T1, j’ai accès à un stationnement privé au BC Place. Je stationne mon auto et en me dirigeant vers le stade, un gars me demande de l’information (avec nos manteaux bleus, tout le monde nous demande des infos) à propos de la cérémonie. Je l’invite à marcher avec moi et il me raconte qu’il est d’origine canadienne, mais qu’il demeure en Australie depuis 28 ans. Il mentionne qu’il est ici pour voir du hockey. Son ami qui est journaliste s’est arrangé pour le faire passer pour un journaliste. Alors, il a accès au « Medias Center » et il peut assister à tous les matchs de hockey. Dès lors, il me donne une copie de la cédule de toutes les pratiques et de tous les matchs de toutes les équipes du tournoi. Je me rends compte que l’équipe USA pratique dans 10 minutes. Je vais porter mon ami à l’endroit où il voulait aller et je retourne au GM Place pour voir la pratique.

 Lorsque je suis à l’intérieur, je vois les 3 entraîneurs de l’équipe canadienne qui sont assis dans les estrades et qui parlent entre eux. Je me dirige vers eux et je les saluts. Je prends quelques minutes pour parler avec Jacques Lemaire. Je lui mentionne que j’avais assisté à sa seule conférence en 25 ans, il y a quelques années à Sherbrooke. Il se souvenait très bien de ce moment. Par la suite, je suis descendu en bas pour aller prendre des photos et des vidéos de l’équipe USA. J’ai passé une bonne partie de la pratique à regarder les Américains se préparer pour leur partie de demain. Comme j’avais encore un peu de temps devant moi, je suis allé dans le « Medias Center ». Encore une fois, comme ça m’arrive toujours depuis le début de mon voyage, je rencontre quelqu’un avec qui j’ai un lien, mais qu’on ne se connaît pas. Je rencontre Luc Gélinas de RDS. Luc et moi avons plusieurs points en commun, sans nous connaître personnellement l’un et l’autre. Nous avons un très bon ami commun soit Pytt Lapierre. Donc j’aborde Luc en lui mentionnant que je suis l’ami de Pytt avec qui j’ai entraîné quelques saisons au hockey. De plus, je lui raconte que nous étions sur le front page de l’hebdo ensemble la semaine dernière!   Nous prenons quelques photos ensemble et nous discutons pendant plusieurs minutes. Nous échangeons nous numéros de téléphone et nous nous promettons d’aller prendre une bière dans Gas Town d’ici la fin des Jeux.

 Finalement, je me dirige vers le BC Place pour assister à la cérémonie de remise des médailles. Dès mon arrivée, la cérémonie est déjà bien avancée. Lorsque j’arrive dans la section des médias, Alexandre Bilodeau arrive sur le podium. Je me dépêche de prendre ma caméra vidéo, mon appareil photo et j’essaie de capter ce moment magique. La foule est en DÉLIRE ! C’est le chaos à l’intérieur du stade. Étant donné que je suis dans la section des médias, je me rends compte que je peux aller backstage. Je me dis que c’est le temps ou jamais d’essayer de le rencontrer. Alors, je prends les jambes à mon coup et je me dirige en arrière de la scène. J’attends quelques instants et je vois arriver les 3 médaillés. Nous sommes environ 10 personnes, dont 8 de la sécurité, 1 membre de CTV et moi. Je me dirige vers Alexandre et je lui demande s’il veut bien prendre une photo avec moi. Il accepte sans hésitation. Je prends quelques photos avec lui et les deux autres médaillés. Je prends le temps de discuter avec lui (2 minutes) et il m’explique qu’il ne comprend pas trop ce qui vient de se passer. En gros, il était complètement dépassé par les événements. C’est à ce moment-là que j’ai pris la médaille d’or dans mes mains!!!! J’étais hors de moi. Je savais que je vivais quelque chose de spécial, mais sur le moment tout a passé si vite. Une chance que j’ai filmé cette aventure sur ma caméra vidéo. J’aurais bien aimé vous l’envoyer, mais c’est trop compliqué. Lorsque je serai de retour au Québec, il me fera plaisir de vous la montrer. Pendant que Alexandre retourne vers le centre des médias, je prends quelques minutes pour jaser avec le médaillé de bronze. C’est un gars de 21 des USA. Je lui raconte que j’ai vu sa descente et qu’il a donné tout un spectacle! Tous les deux, nous étions « fou comme dla marde ! », mais pas pour les mêmes raisons! Ayant l’émotion à son summum, j’ai décidé de quitter le BC Place pour revenir à l’hôtel. Ma médaille, je l’avais gagnée! Je me foutais un peu des autres remises.

 Je peux vous confirmer que le hasard fait bien les choses. Si Pierre ne m’avait pas donné cette information, jamais je n’aurais eu cette chance. Je vous garantis que je vais m’arranger pour que Pierre puisse vivre quelque chose de spécial durant les olympiques. Je lui en dois toute une!

 Finalement, demain, mon client veut aller voir le match de hockey du Canada et de la Russie. Je suis bien content donc je vais assister aux deux matchs. De plus, comme il a besoin de moi que demain matin, je vais en profiter pour me lever tôt et aller à la pratique du Canada! J’espère avoir la chance de revenir avec mon hockey de Sidney Crosby. Si c’est le cas, je pense que je m’achète un billet de 6/49. C’est impossible d’être aussi chanceux dans un aussi court laps de temps.

 Bonne nuit, il est 1 heure du matin, je vais me coucher!

Yannick

 P.-S. Un petit salut spécial à la classe de Madame Sylvie !! j'espère que mes histoires vous donnent le goût de vivre les Jeux!

 

  
JOUR 5

 Ma journée a débuté très tôt ce matin. Dès 8 h, j’étais à l’hôtel en préparation de ma journée avec mon client. La personne qui était responsable la journée précédente m’avait dit qu’il était pour m’appeler sur mon cellulaire entre 8 h et 10 h. En principe, c’était ma première vraie journée de travail comme bénévole. Non pas que les autres journées n’étaient pas bien remplies, mais aujourd’hui, j’étais assigné à mon client du début jusqu’à la fin. N’ayant pas eu de nouvelles à 10 h, Ron et moi avons décidé d’aller faire un tour au Hockey Place. Le site me fait penser à l’expo 67. Le principe étant le même soit de visiter des pavillons de plusieurs pays à travers le monde. Ce qui est bien, c’est qu’au Canada Place, il y a tous les pavillons de toutes les provinces du Canada. Nous avons débuté par le pavillon du Québec. Malheureusement, il n’était pas ouvert. Par la suite, nous nous sommes dirigés vers les différents sites pour visiter les kiosques. Il y avait tellement de monde qu’il était difficile d’apprécier à sa juste valeur toutes les merveilles des autres provinces. Nous en avons profité pour rencontrer et discuter avec des personnes provenant d’un peu partout dans le monde. J’ai discuté avec des Russes qui sont en visite au Canada pendant les Jeux Olympiques. Ils sont convaincus qu’ils vont remporter l’Or haut la main. Lorsque nous avons terminé ces visites, nous avons essayé d’aller voir le pavillon de la Russie. Le line-up était si long que juste d’y penser à entrer à l’intérieur, nous aurions perdu toute notre journée. Un peu au même moment, mon client m’a appelé et j’ai dû revenir à l’hôtel pour le transporter dans diverses réceptions.

 Je dois vous avouer que j’étais très nerveux à l’idée de transporter mon nouveau client. Comme vous le savez, la première impression fait foie de tout. Mon premier trajet était assez facile. Je devais le transporter de l’hôtel jusqu’au Fairmont Downtown Vancouver. Ce que je ne savais pas à ce moment-là, c’est que pour les J.O., la compagnie Fairmont a acheté deux hôtels au centre-ville. Lorsque j’étais venu à Vancouver pour la dernière fois, il y avait seulement 1 Fairmont. Lorsque je suis arrivé au Fairmont, mon client m’a dit que nous n’étions pas au bon endroit! Ce que j’aime de cet emploi, c’est que nous devons prendre des décisions très rapidement. J’ai utilisé mon système D et je me suis arrangé pour obtenir l’information dont j’avais de besoin. J’ai su par la suite que le 2e hôtel Fairmont était l’ancien Vancouver Hôtel. Avoir su avant… ! Malgré ce petit pépin, mon client s’est rendu au bon endroit et à temps. Il y avait tellement de monde au centre-ville que je me croyais en plein Broadway à New York. C’est impressionnant de voir autant de monde dans un même endroit.

  Après une heure d’attente, j’ai dû aller chercher mon client à l’hôtel. En même temps que j’allais chercher mon client, le Vice-Président des É.-U. quittait l’hôtel. Vous comprenez que lorsqu’une personne aussi importante se déplace, la terre arrête de tourner. Donc, sous les ordres des agents de sécurité, mon client a décidé de revenir à l’hôtel à pied. De toute façon, il aurait été impossible pour moi d’aller le chercher! Le policier à l’entrée m’a bien averti que lorsqu’il allait me dire MOVE, je devais foutre le camp au plus vite parce que les gardes du corps du Vice-Président allaient me renter dedans! Je peux vous garantir que j’étais sur mes gardes. De retour à l’hôtel, mon client m’a donné son horaire pour le reste de la journée. En soirée, il avait 3 réceptions à différents endroits dans la ville. Donc, je me suis assuré que je connaissais le trajet. La première réception était à Ridchmond, soit à près de 35 minutes de notre hôtel. Arrivé sur place, mon client était attendu par une personne importante du Newzeland. Il est resté environ 20 minutes. Faire 1 heure de char pour 20 minutes et une quantité de cadeaux X. C’est vraiment n'importe quoi!

 Afin de faire une pierre deux coups, j’en ai profité pour jaser avec lui. L’objectif étant de développer une bonne relation afin qu’il soit heureux de son séjour au Canada. Ceux qui me connaissent savent que je n’ai pas la langue dans ma poche. Donc, nous avons discuté de tout et de rien pendant tout ce long trajet. C’est un monsieur très simple, super sympathique et qui aimerait bien revenir au Québec un jour. Je lui ai offert un séjour gratuit chez nous! Je lui ai mentionné qu’il restait 1 chambre de disponible au sous-sol et que mon plancher allait être terminé dans moins d’une semaine! Il n’a pas refusé l’invitation… !

 Étant donné que c’est la St-Valentin, j’ai demandé à mon client ce que cette fête représentait pour les Japonais. Il m’a raconté que c’est une fête très populaire qui est un peu différente d’ici. Les hommes doivent offrir seulement des chocolats la journée de la St-Valentin. Toutefois, le travail ne se termine pas là. Ils doivent pendant le prochain mois, être généreux à l’endroit de leur épouse. Le 14 mars, ils doivent remettre un bouquet de fleurs. C’est ce qui signifie la fin de la fête de l’amour. C’est romantique non! Bref, 1 mois à être généreux… trop ce n’est comme pas assez! Je lui ai dit que les hommes aux Québec étaient généreux 12 mois par année. Qu’en pensez-vous? Lorsqu’il est revenu de l’une de ces réceptions, sa femme m’a donné un cœur en chocolat. Elle m’a dit que j’allais devoir remettre ce chocolat à la fille de ma vie à mon retour au Québec!

 Comme vous le voyez, ma journée a été moins excitante au niveau des événements. Cependant, mon client m’a dit qu’il allait remettre des médailles dans 2 jours en patinage de vitesse longue piste. Je vais en profiter pour aller voir les compétitions. De plus, mon client aimerait bien aller faire un tour à Whistler. J’ai vraiment hâte de me diriger là-bas, surtout que nous sommes les seuls à avoir accès à la route et aux différents sites dans la ville dont le village Olympiques.
Demain s’annonce pour être une journée assez chargée. Je vais encore une fois transporter mon client un peu partout dans la ville. En espérant vivre quelque chose de spécial demain!

Yannick



JOUR 3

Aujourd’hui, c’était l’une des plus grosses journées des olympiques. Pour la première fois depuis que je suis arrivé ici à Vancouver, j’ai eu l’impression que toute la planète s’était déplacée pour accueillir les Jeux. Un peu comme les dernières journées, ma matinée a été relativement tranquille. Ce matin, j’ai quitté la maison en direction du Robson Square. C’est l’endroit où nous pouvons voir le décompte des jours avant le début des Jeux. Il y a 4 ans, lorsque j’ai voyagé à travers le Canada avec mon auto, je suis arrêté à Robson Square pour prendre une photo de ce décompte. À ce moment-là, nous étions à 999 jours des Jeux. Ce matin, je suis allé prendre une photo. Le décompte était à 0. Tellement de choses se sont passées depuis ce temps. Il y avait tellement de monde sur Robson Square que j’avais de la difficulté à me déplacer et à me rendre là où je le désirais. J’ai passé près d’une heure à cet endroit et ensuite je me suis dirigé à notre hôtel le Westin Bayshore.

  Rendu sur place, comme je n’avais pas de client, mon nouvel ami de Moncton, Ron, m’a proposé d’aller manger avec son ami qui est « fighter pilot » pour l’armée canadienne. Il vole tous les jours au-dessus de Vancouver avec son F18. Ils sont prêts à attaquer si une attaque survient. Nous sommes allés manger centre-ville Vancouver dans un chic restaurant de fruits de mer. Après un savoureux repas, nous nous sommes dirigés vers l’hôtel, car nous devions avoir une formation pour notre travail de la journée. Nous étions des « hosts bus ». Nous étions responsables d’un autobus avec tous les dignitaires et nous devions leur faire un discours durant toute la durée du trajet. Lorsque je suis arrivé à l’hôtel, mon supérieur m’a dit qu’il avait un nouveau client pour moi. Comme j’étais à la recherche d’un bon défi, il m’a dit que mon prochain client était le pire qu’il n’avait jamais vu. En 3 jours, il a passé 3 driver. Il a plus de 5 ou 6 olympiques de fait et il est très exigeant et surtout très « princesse ». Comme il ne savait plus quoi faire, ils m’ont proposé de m’occuper de lui. À partir de demain, je devrais être en mesure de m’occuper de lui à temps plein. C’est un dignitaire russe du nom de Vladimir Smirnoff.

 Après avoir participé à la miniformation, nous devions attendre à l’extérieur de l’hôtel afin d’assister les dignitaires. À ce moment-là, j’ai rencontré Jacques Rogue, le plus important dignitaire des Jeux olympiques. C’est le président du CIO. Après 1 h 30 d’attente, nous nous sommes dirigés vers le BC Place pour les cérémonies d’ouverture. Lorsque nous sommes arrivés sur place, nous ne devions pas, à priori, assister à la cérémonie à l’intérieur du stade. Cependant, pour une raison inconnue, nous sommes entrés.  

Dès mon arrivée, je me suis retrouvé dans les premières rangées en bas. Nous étions vraiment bien placés. C’était probablement les meilleurs billets disponibles. Nous avons regardé (de mon côté, pour la 2e fois, parce que j’avais déjà vu la générale mercredi) le spectacle avec beaucoup d’attention. Lorsqu’il est venu le temps d’allumer la flamme, nous devions partir pour aller préparer nos autobus pour les dignitaires. À ce moment-là, à l’extérieur, un policier québécois nous a dit que Wayne Gretzky allait passer juste devant nous. Nous étions environ 10 à 15 personnes à l’extérieur du BC Place à attendre que Wayne passe devant nous avec la torche olympique. Lorsqu’il est apparu, il a marché à 5 pieds de moi! Je CAPOTAIS!!! C’est probablement le plus beau moment de toute ma vie! J’étais avec mon ami Ron et ces amis lui ont envoyé un texto lui mentionnant qu’ils l’avaient vu à la télévision! Nous avons suivi Wayne jusqu’à son départ pour le centre-ville et nous sommes revenus avec les dignitaires à l’hôtel. J’ai enfin reçu ma voiture. Depuis ce midi, j’ai un gros VUS GM tout équipé avec un GPS bluetooth. C’est plus pratique et surtout plus vite de revenir à la maison.

Aujourd’hui, un accident malheureux est survenu au site de luge. Un gars de 21 ans est décédé dans un accident qui ne lui a donné aucune chance. Tout le monde ici était un peu sous le choc. On dirait que c’est impossible que quelque chose comme ça arrive. À mon retour en fin de soirée, j’ai rencontré les policiers québécois qui travaillent à l’hôtel. Nous avons discuté de notre journée et nous prévoyons visiter la ville de Vancouver dans les prochains jours. Demain, au programme, je devrais passer la journée avec mon client russe. Toutefois, je m’attends à ce que ça change étant donné qu’il est un peu spécial. Mais comme les derniers jours, je suis convaincu que ma journée sera spéciale!

Bons jeux. Les compétitions débutent demain!

Yannick



JOUR 2

Encore une fois aujourd’hui, je vais avoir plein de belles choses à vous raconter. Il m’est arrivé beaucoup d’anecdotes. Ce matin, j’ai décidé de dormir un peu plus longtemps étant donné que je n’avais pas dormi pendant plus de 40 heures. À mon réveil, je me suis dirigé vers le centre-ville de Vancouver pour continuer ma formation.

 Aussitôt arrivé sur le site, j’ai rencontré des policiers québécois. Il n’y a que des Québécois ici! Tout le monde parle français. Je dois vous expliquer que l’endroit où je travaille est celui qui est le plus surveillé de toute la ville de Vancouver. Ici, nous avons tous les membres du CIO, les présidents, premiers ministres, présidents de tous les pays. Très peu de personnes ont accès à ce site. Hier, je vous racontais qu’il y avait beaucoup de sécurité, mais je dois vous avouer qu’aujourd’hui, c’était 2 fois plus important. Pour vous donner une idée, la tente dans laquelle je travaille, il y a un minimum de 5 agents du RCMP qui patrouillent. L’endroit doit avoir 12 par 20. C’est tout petit. À l’entrée de la rue, il y a 8 policiers qui surveillent les autos qui passent dans la rue. Alors que j’étais à l’intérieur du local, un des policiers a remarqué qu’il y avait une boite à lunch qui trainait sur une table. Il a demandé aux gens à qui appartenait cette boite et personne ne répondait. Il a aussitôt fait évacuer tout le monde du local (environ 20 personnes) la troupe de policier est arrivée. Après quelques minutes de recherche, un gars qui était parti aux toilettes s’est aperçu que c’était sa boite qui était suspecte. Finalement, il est allé récupérer sa boite et tout est revenu au calme! La panique était pognée!   

 Par la suite, j’ai été assigné à un collègue qui m’a expliqué en détail les procédures à suivre pour la job. Il faut s’assurer que les membres du CIO reçoivent une qualité de service exemplaire. Après cette mini formation, je devais trouver quelqu’un pour me donner mon training en voiture. Il n’y avait personne de disponible. Alors, je suis allé manger en espérant trouver quelqu’un qui pourrait m’aider

 C’est exactement ce qui est arrivé. Julie, une fille originaire de Montréal qui demeure à Vancouver depuis 10 ans m’a offert son aide et elle a bien voulu me former. Alors, nous avons quitté en voiture pour aller visiter les différents sites de compétition. Nous avons visité l’anneau de glace pour le patinage longue piste. Lorsque nous sommes arrivés sur place, nous avons rencontré une dizaine de policiers québécois qui s’emmerdaient. Étant donné que les compétitions ne sont pas débutées, ils sont là pendant plus de 12 heures par jours à attendre. Ils nous ont fait la plus longue inspection de véhicule jamais fait dans l’histoire des Jeux olympiques!! Ils étaient contents de nous voir et d’avoir la chance de discuter avec d’autres personnes. En jasant avec eux, je me suis aperçu que l’un d’entre eux travaille à St-Thérèse de Blainville. Il travaille avec mon ex!!! Il m’a dit : c’est toi l’enseignant!!! Je crois qu’il avait déjà entendu parler de moi. Le monde est petit quand même! Nous avons pris plusieurs photos et échangé nos numéros de téléphone afin de nous rencontrer plus tard lorsque nous aurons des journées de congé.

Nous avons poursuivi notre visite du site. Après avoir assisté à l’entraînement de l’équipe russe et d’un athlète américain, nous sommes allés au site de curling. En route vers ce site, nous avons croisé l’arrivée de la flamme olympique à Vancouver. Les rues étaient bondées de monde! C’était incroyable! Quelle chance! Par la suite, nous nous sommes dirigés vers le village des athlètes. C’est à ce moment-là que j’ai transporté mon premier client. Un dignitaire de l’Ukraine avec sa femme!

  Notre « all access pass » a été très utile aujourd’hui. Nous avons visité le village et nous avons rencontré plein d’athlètes d’un peu partout sur la planète. Nous avons assisté à la présentation des athlètes des différents pays. J’ai croisé, sur mon chemin, le Prince de la Jordanie. Il était escorté par 4 policiers et des gardes du corps. C’était impressionnant. Ensuite, nous avons quitté le village pour revenir à notre lieu de travail. Après avoir mangé, mon patron est venu me voir pour me demander de m’occuper d’un client provenant de Taiwan. C’est le Président international de la fédération de boxe. En jasant avec lui, il me dit qu’il est venu au Québec l’année dernière. Il me dit qu’il est allé dans une ville qui s’appelle BÉCANCOUR! Je n’en croyais pas mes yeux. Il est venu implanter l’académie de boxe. Je lui ai demandé s’il est allé manger de la poutine chez Théo ! Je l’ai invité chez nous, je lui ai dit qu’il me restait de la place dans ma maison pour lui et sa famille s’il voulait venir comme dignitaire pour l’ouverture des Jeux du Québec à Shawinigan. Il va probablement y avoir de la boxe alors pourquoi ne pas faire 1 pierre deux coups! Encore une fois, toute une coïncidence! Le policier de Ste-Thérèse et le gars de Taiwan. À mon retour, j’étais dans le lobby de l’hôtel et je parlais avec un responsable d’un kiosque souvenir. Il est de Québec. Il me raconte qu’il travaille régulièrement avec deux personnes de St-Jean des Piles. Je suis originaire de ce village ! Ça s’adonne que je connais les gars en question! Ils sont les voisins de mon oncle et de mes parents! Encore une fois, toute une coïncidence!

 Finalement, je suis revenu à la maison très tard. Ma famille m’attendait, car ils voulaient connaître le déroulement de ma journée. Demain, c’est la cérémonie d’ouverture. Je suis assigné comme « hostbus ». Tous les dignitaires se dirigeront en autobus vers le BC Place. Alors, ma job est de leur expliqué la procédure lors de la cérémonie. C’est tout ce que je sais pour l’instant. Bref, demain, se sera toute une journée. Les Jeux débutent!!   

 Enjoy your Olympics games

Yannick



JOUR 1

Comme vous le savez déjà, tôt ce matin, je me suis envolé vers Vancouver, la ville qui sera la terre d’accueil du plus grand événement de la planète pour les deux prochaines semaines. Ça fait bientôt 10 ans que j’attends ce moment. En 2000, lorsque le Canada a obtenu les J.O., je m’étais promis, à ce moment-là, que j’allais faire partie de cette grande aventure. Eh bien, ce matin, mon aventure a débuté. C’est avec un enthousiasme démesuré que je m’apprête à vivre les deux plus belles semaines de toute ma vie. C’est un rêve qui devient réalité. Dans les semaines qui suivent, j’essaierai de vous faire vivre l’expérience des Jeux comme si vous y étiez! Je partagerai avec vous, à travers mes courriels, cette merveilleuse expérience sportive et culturelle que sont les Jeux olympiques.


 L’une des conditions pour être bénévole à Vancouver était d’être en mesure de se trouver un endroit ou se loger. De mon côté, je retourne dans la famille qui m’avait accueillie lors d’une session d’été dans une école de Vancouver. Je dois vous avouer que j’étais très content de les retrouver! Les trois enfants de la famille ont tellement changé que j’avais de la difficulté à les reconnaître. 

 Sans aucune surprise, ce matin, la pluie a volé la vedette à Vancouver. Sachez que les organisateurs des Jeux s’inquiètent, car le manque de neige viendra compliquer les choses lors du début des compétitions. Pluie pas pluie, je continue de vivre mon aventure à 100 %. Dès mon arrivée à l’aéroport de Vancouver, j’ai pu constater l’ampleur d’un événement comme celui-là. J’ai réalisé pour la première fois ce dans quoi je m’embarquais. Je vous confirme, aujourd’hui, qu’il n’y aura pas d’attentat terroriste! Il y a tellement d’agents de sécurité au M2 que s’en ait ridicule. Malgré tout, ces gens qui arrivent d’un peu partout sur la planète, ce n’était pas trop chaotique à l’aéroport. Ma plus grande constatation fut de voir comment la ville a changé depuis 2 ans. La dernière fois que j’étais ici, le sky train était en construction. Maintenant, nous pouvons quitter l’aéroport en direction du centre-ville de Vancouver beaucoup plus facilement.

Comme je m’y attendais, la première journée ne fut pas de tout repos. Ce matin, je suis allé porter mes bagages à la maison. J’ai profité de l’occasion pour discuter avec les membres de ma famille. Ils sont tellement sympathiques! En début d’après-midi, je me suis dirigé au centre-ville pour m’enregistrer auprès du COVAN afin d’obtenir ma carte d’accréditation et mon habillement. Lorsqu’ils m’ont remis mon accréditation, je me suis aperçu que j’avais un « ALL ACCESS PASS ». Donc, j’ai accès à tous les sites, toutes les compétitions, bref, tous les privilèges! Nous sommes quelques dizaines de personnes à avoir ce type de carte! Malgré cette très bonne nouvelle, je n’ai pas été en mesure de travailler comme prévu. Étant donné que je suis attitré à un membre du CIO et qu’ils sont arrivés en début de semaine, mon patron n’a pas été capable de garder mon client. En principe, je devais être attitré à un prince d’Arabie Saoudite! Demain, je vais en savoir plus sur mon nouveau client. Comme je suis arrivé en retard et que mon patron était mal à l’aise de ne pas avoir été capable de garder mon client, il m’a remis un billet pour la générale des cérémonies d’ouverture. En soirée, je me suis dirigé au BC Place, downtown Vancouver pour assister à ce spectacle. Je vous confirme que vous devez être devant votre téléviseur vendredi soir. Le spectacle est incroyable! Nous étions environ 25 000 personnes (sur une capacité de 70 000) à obtenir un billet pour assister à cette générale. Il était impossible pour nous de prendre quelques images que se soient. Cependant, j’ai été en mesure de prendre des photos à la fin de la cérémonie. Je ne croyais jamais avoir la chance d’assister à ce spectacle. Je dois vous dire que l’ambiance ici à Vancouver est extraordinaire. C’est difficile à décrire... personne ne se connait, mais tout le monde se parle. C’est vraiment enrichissant. J'ai discuté avec des bénévoles qui proviennent de l'Allemagne, de la Suisse et des É.-U.. Tout le monde ici devient l'ami de quelqu'un d'autre.

En terminant, je vous assure que mes prochains courriels ne seront pas aussi volumineux! Je tâcherai d’être bref et je me contenterai de vous raconter les principales anecdotes. Demain, je vais débuter mon « driver tranning » et je vais aller faire un tour dans les principaux sites. Je vais aller au village des athlètes et faire le tour des différentes attractions.

Yannick